Dans le syndrome rotulien, il est fréquent que la douleur diminue avec le repos, puis réapparaisse rapidement dès la reprise du sport. Cette évolution peut être décourageante, mais elle ne traduit pas une aggravation automatique du genou. Elle correspond le plus souvent à un décalage persistant entre les contraintes imposées par l’activité sportive et la capacité réelle de l’articulation fémoro-patellaire à les supporter.
Une tolérance à la charge encore insuffisante à la reprise
Le sport expose le genou à des contraintes élevées et répétées : flexions profondes, freinages, impulsions, changements de direction. Après une période de repos ou de réduction d’activité, les muscles qui contrôlent le genou et la hanche ne sont pas toujours en mesure d’absorber efficacement ces sollicitations.
Une force ou une endurance musculaire insuffisante modifie la répartition des pressions au niveau de la rotule. L’articulation devient alors sensible dès que la charge dépasse un certain seuil, même si la douleur avait disparu au repos.
Mobilité et qualité du mouvement lors des gestes sportifs
La reprise du sport avec un genou, une hanche ou une cheville encore raides entraîne souvent des adaptations de mouvement. Ces adaptations modifient la cinématique du membre inférieur et augmentent la compression entre la rotule et le fémur lors des gestes exigeants.
- mobilité articulaire encore limitée,
- compensation par d’autres segments du membre inférieur,
- augmentation locale des contraintes fémoro-patellaires,
Ces mécanismes expliquent que la douleur puisse réapparaître malgré une activité jugée modérée.
Contrôle neuromoteur et ajustements insuffisants à l’effort
Le sport sollicite fortement la capacité du genou à s’ajuster rapidement aux contraintes. Le contrôle neuromoteur et la proprioception permettent normalement d’adapter finement la contraction musculaire à chaque appui.
Lorsque ces capacités sont altérées, les ajustements deviennent moins précis. Le genou subit alors des micro-surcharges répétées qui, cumulées, déclenchent la douleur dès la reprise de l’effort.
- coordination musculaire imparfaite,
- perception de l’appui moins fiable,
- répétition de micro-contraintes mal réparties,
La douleur reflète alors une difficulté fonctionnelle plutôt qu’une lésion nouvelle.
Une reprise sportive souvent trop rapide pour les capacités réelles
Reprendre le sport ne signifie pas uniquement recommencer à bouger, mais réintroduire progressivement la durée, l’intensité et la complexité des gestes. Une reprise trop rapide dépasse fréquemment la capacité d’adaptation du genou, même après une phase sans douleur.
La douleur qui apparaît à l’effort agit alors comme un signal : les contraintes imposées excèdent ce que l’articulation est capable de tolérer à ce stade de la récupération.
Ainsi, dans le syndrome rotulien, la douleur qui revient lors de la reprise du sport est le plus souvent liée à une préparation fonctionnelle encore incomplète. Tant que la force, la mobilité, le contrôle du mouvement et la tolérance progressive à la charge ne sont pas restaurés, le genou reste vulnérable aux sollicitations sportives.
Ai-je bien compris?
Dans le syndrome rotulien, la douleur peut réapparaître dès la reprise du sport malgré une période de repos. Cette situation est fréquente et ne signifie pas que le genou s’abîme à chaque effort. Elle traduit un décalage entre les contraintes sportives et la capacité actuelle du genou à les supporter. Une force musculaire insuffisante, une mobilité limitée ou un contrôle du mouvement imparfait y contribuent. La reprise trop rapide dépasse souvent les capacités d’adaptation. La douleur reflète une tolérance à la charge encore incomplète.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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