Des gestes simples qui reposent sur une organisation fine
Les gestes du quotidien paraissent simples parce qu’ils sont habituellement automatisés. Se lever, marcher, attraper un objet ou se retourner mobilise pourtant plusieurs fonctions en même temps. Après un trouble neurologique, cette organisation peut être perturbée, rendant ces gestes plus lents, plus coûteux ou moins fiables.
La difficulté ne vient pas d’un manque d’effort, mais d’une modification de la manière dont le mouvement est organisé.
Une coordination moins fluide entre les fonctions
Un geste fonctionnel repose sur la coopération entre posture, équilibre, perception du corps et commande motrice. Lorsque le système nerveux est atteint, cette coordination peut devenir moins efficace.
Le corps peut avoir du mal à enchaîner les différentes phases du mouvement ou à s’adapter rapidement aux variations de l’environnement.
Cette désorganisation peut se manifester par :
- une perte de fluidité dans le geste
- des temps de réaction plus longs
- une difficulté à stabiliser le corps
- une augmentation des compensations
- un coût énergétique plus élevé
Un contrôle du mouvement plus volontaire
En l’absence d’automatismes efficaces, les gestes demandent davantage de contrôle conscient. Chaque action doit être surveillée, ajustée et corrigée en temps réel.
Ce contrôle volontaire permanent sollicite fortement l’attention et explique pourquoi des gestes simples peuvent devenir plus exigeants, même sans effort musculaire important.
Le rôle central de la posture et de l’équilibre
Les gestes du quotidien reposent sur une base posturale stable. Lorsque le contrôle du tronc ou de l’équilibre est altéré, les membres fonctionnent moins efficacement.
Une posture instable oblige le corps à sécuriser l’action avant de la réaliser, ce qui complique le geste et augmente sa durée.
L’adaptation permanente à des situations variées
Les gestes du quotidien ne se déroulent jamais dans un environnement identique. Le sol, l’espace disponible, la hauteur des supports ou la présence d’obstacles varient constamment.
Après un trouble neurologique, cette capacité d’adaptation peut être moins performante, obligeant le corps à ajuster en permanence sa stratégie motrice.
Cela peut entraîner :
- une difficulté à anticiper les déséquilibres
- une variabilité du geste selon les contextes
- une augmentation de l’attention nécessaire
- une fatigue plus rapide
- une moindre fiabilité de l’action
En pratique, pourquoi ces gestes deviennent-ils plus complexes ?
Les gestes du quotidien deviennent plus difficiles après un trouble neurologique parce qu’ils mobilisent plusieurs fonctions qui doivent agir ensemble au bon moment. La posture permet de stabiliser le corps, l’équilibre ajuste les appuis, la coordination organise le mouvement des bras et des jambes, et le contrôle moteur permet d’enchaîner les actions sans y penser.
Lorsque l’une ou plusieurs de ces fonctions fonctionnent moins bien, le geste reste possible mais demande davantage d’attention. Le corps doit contrôler volontairement ce qui était auparavant automatique, ce qui rend l’action plus lente, plus coûteuse et parfois moins fiable dans les situations de la vie quotidienne.
Ai-je bien compris?
Les gestes du quotidien mobilisent simultanément posture, équilibre, coordination et contrôle du mouvement. Après un trouble neurologique, ces fonctions peuvent être moins bien synchronisées. Les gestes restent possibles, mais deviennent plus lents, plus coûteux et demandent davantage d’attention. La difficulté vient d’une organisation du mouvement moins automatique, et non d’un manque de volonté ou d’effort.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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