La douleur située à l’avant du genou lors de la montée ou de la descente des escaliers est une plainte fréquente. Elle peut apparaître sans traumatisme précis et persister malgré le repos. Les escaliers constituent une situation particulièrement exigeante pour le genou, ce qui explique que cette douleur soit souvent plus marquée que lors de la marche sur terrain plat.
Des contraintes spécifiques sur l’articulation fémoro-patellaire
Monter ou descendre des escaliers impose une flexion du genou plus importante que la marche. Cette flexion augmente la pression entre la rotule et le fémur, au niveau de l’articulation fémoro-patellaire. Plus l’angle de flexion est élevé, plus les forces de compression augmentent.
Lorsque cette articulation a une tolérance réduite à la charge, la douleur apparaît préférentiellement dans ces situations exigeantes, alors que d’autres activités restent relativement indolores.
- La flexion accentuée majore les contraintes entre rotule et fémur
- La charge est supportée sur un seul membre à chaque marche
- La descente des escaliers impose un freinage actif du mouvement
- La répétition du geste accentue la sollicitation locale
Le rôle central du contrôle musculaire et du mouvement
Le quadriceps joue un rôle déterminant dans le contrôle du genou, en particulier lors de la descente des escaliers où il travaille en contraction excentrique pour freiner la flexion. Un déficit de force, d’endurance ou de coordination modifie la manière dont la rotule est guidée contre le fémur.
Lorsque ce contrôle est moins précis, certaines zones de l’articulation fémoro-patellaire sont davantage sollicitées, ce qui favorise l’apparition de douleurs à l’avant du genou.
Le contrôle neuromoteur et la proprioception interviennent également. Monter ou descendre des escaliers nécessite une perception fine de la position du genou et des ajustements musculaires constants. Une altération de cette précision rend le mouvement moins fluide et augmente les micro-déséquilibres répétés au niveau de l’articulation.
- Un contrôle musculaire insuffisant augmente la pression locale
- Une proprioception altérée rend le geste moins précis
- La coordination devient plus coûteuse lors des efforts complexes
Mobilité, compensations et stratégies de protection
La mobilité du genou, mais aussi celle de la hanche ou de la cheville, influence la répartition des contraintes. Une limitation, même modérée, oblige le genou à compenser davantage lors des escaliers. Cette compensation augmente la charge sur l’articulation fémoro-patellaire.
Par ailleurs, la crainte de la douleur peut conduire à rigidifier le genou ou à modifier inconsciemment la manière de monter ou descendre les marches. Ces stratégies de protection entretiennent souvent la surcharge locale et prolongent la douleur.
Il est donc fréquent que cette douleur ne corresponde pas à une lésion structurelle isolée, mais à un déséquilibre entre les contraintes imposées par le geste et la capacité actuelle du genou à les supporter.
La douleur à l’avant du genou dans les escaliers traduit le plus souvent une difficulté transitoire du genou à tolérer ce niveau de sollicitation.
Ai-je bien compris?
La douleur à l’avant du genou lors des escaliers est fréquente car ce geste impose des contraintes élevées à l’articulation fémoro-patellaire. La flexion importante augmente la pression entre la rotule et le fémur. Un contrôle musculaire imparfait, notamment du quadriceps, modifie le guidage de la rotule. Une mobilité réduite ou une proprioception moins précise accentuent la surcharge locale. Les stratégies de protection inconscientes peuvent entretenir la douleur. Il s’agit le plus souvent d’un déséquilibre fonctionnel plutôt que d’une lésion grave.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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