Lorsqu’une hernie discale est diagnostiquée, la kinésithérapie n’a pas pour objectif de modifier la hernie elle-même. Son rôle se situe ailleurs : aider le dos à mieux fonctionner malgré la présence de cette hernie, en agissant sur la façon dont le corps réagit au mouvement, à l’effort et aux contraintes du quotidien.
Chez beaucoup de patients, la douleur n’est pas uniquement liée à la structure discale. Elle dépend surtout de la manière dont le dos supporte certaines positions, certains gestes ou certaines répétitions. La kinésithérapie vise donc à améliorer cette tolérance fonctionnelle, plutôt qu’à chercher une solution purement anatomique.
Comprendre comment le dos réagit au mouvement et à la charge
La première étape consiste à analyser la situation fonctionnelle : dans quels contextes la douleur apparaît, quels mouvements sont évités, quelles postures soulagent ou aggravent les symptômes. Cette observation permet de comprendre comment le système rachidien s’adapte — parfois de façon excessive — après un épisode douloureux.
On retrouve souvent des stratégies de protection :
- limitation spontanée de certains mouvements,
- raideur installée par crainte de déclencher la douleur,
- modifications inconscientes des gestes du quotidien,
- perte de confiance dans certaines positions,
- diminution de l’activité globale.
Ces adaptations peuvent calmer la douleur à court terme, mais elles réduisent progressivement la capacité du dos à supporter les contraintes normales. Le rôle de la kinésithérapie est d’identifier ces mécanismes et de les faire évoluer.
Réintroduire progressivement le mouvement sans aggraver les symptômes
La prise en charge repose sur une réexposition progressive au mouvement. Il ne s’agit pas de forcer, ni de supprimer toute douleur, mais de redonner au dos la capacité de bouger sans réaction excessive. Cette progression s’appuie sur le contrôle neuromoteur : le corps apprend à mieux organiser le mouvement et à répartir l’effort de manière plus efficace.
La proprioception joue également un rôle important. Elle permet au patient de retrouver des repères fiables sur la position et le mouvement de son dos, ce qui diminue l’appréhension et améliore la coordination lors des gestes du quotidien.
Cette réintroduction se fait de manière adaptée :
- en respectant les seuils de tolérance,
- en ajustant progressivement la charge,
- en variant les situations de mouvement,
- en tenant compte des fluctuations normales de la douleur.
Accompagner la reprise des gestes et de l’autonomie
La kinésithérapie agit aussi sur la manière de bouger au quotidien : se lever, s’asseoir, marcher, rester dans une position prolongée ou porter des charges. L’objectif n’est pas de figer des règles strictes, mais d’aider le patient à retrouver une liberté de mouvement compatible avec sa situation.
Un aspect essentiel du rôle du kinésithérapeute est l’accompagnement dans la compréhension de la douleur. La hernie discale est souvent associée à des inquiétudes importantes. Replacer la douleur dans un cadre fonctionnel, expliquer pourquoi elle peut varier et pourquoi elle n’est pas toujours synonyme de gravité permet de diminuer la peur et d’améliorer l’engagement dans la rééducation
Ai-je bien compris?
La kinésithérapie ne fait pas disparaître la hernie discale, mais elle aide le dos à mieux fonctionner avec. Elle sert à comprendre pourquoi certains mouvements ou efforts déclenchent la douleur. La rééducation permet de réintroduire progressivement le mouvement et d’améliorer la capacité du dos à supporter les contraintes. Le travail porte sur la coordination, la perception du mouvement et l’adaptation à la charge. La douleur peut fluctuer sans que cela signifie une aggravation. L’objectif final est de retrouver de l’autonomie dans les activités quotidiennes.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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