Après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA), la reprise de la course constitue une étape importante de la récupération. Elle intervient généralement après plusieurs mois de rééducation, lorsque le genou a retrouvé une mobilité satisfaisante, une récupération musculaire suffisante et une bonne tolérance aux exercices dynamiques.
Une fois que le délai de récupération est suffisant, que les capacités fonctionnelles du genou permettent la reprise de la course et que cette étape est validée dans le cadre du protocole chirurgical, la question devient surtout pratique : comment reprendre la course sans imposer trop rapidement des contraintes excessives au genou ?
L’objectif est alors de réintroduire progressivement les impacts afin de permettre à l’articulation de s’adapter aux contraintes de la course.
Une reprise qui doit rester progressive
La course à pied impose des impacts répétés au genou. À chaque foulée, l’articulation doit absorber une partie du poids du corps et stabiliser la jambe pendant le mouvement.
Après une ligamentoplastie du LCA, ces contraintes ne sont pas introduites brutalement. Elles apparaissent progressivement afin de permettre aux muscles et aux structures du genou de retrouver leur capacité à absorber les impacts.
Plusieurs situations peuvent augmenter trop rapidement la charge imposée au genou :
- reprendre directement une course continue
- courir trop longtemps lors des premières séances
- augmenter trop rapidement la fréquence des entraînements
- introduire trop tôt des terrains irréguliers ou des changements de rythme
Lorsque la progression est trop rapide, le genou peut réagir par une douleur ou un gonflement. Ces réactions indiquent généralement que la charge imposée dépasse momentanément la tolérance actuelle de l’articulation.
Comment organiser concrètement les premières séances
Pour limiter ces réactions, la reprise de la course est souvent structurée de manière progressive. Les premières séances permettent surtout de tester la tolérance du genou aux impacts.
Une stratégie simple consiste à alterner marche et course. Cette alternance permet d’introduire les impacts de manière progressive tout en laissant régulièrement au genou le temps de récupérer.
Par exemple, les premières séances peuvent suivre une organisation simple :
- alternance d’une minute de course et de deux minutes de marche
- séance courte d’environ dix à quinze minutes
- course réalisée sur un terrain stable et régulier
- rythme de course confortable sans recherche de vitesse
Ce type d’organisation permet d’introduire progressivement les contraintes de la course tout en observant la réaction du genou pendant et après l’effort.
Augmenter la charge sans surcharger le genou
Lorsque les premières séances sont bien tolérées, la progression peut se poursuivre. L’objectif est d’augmenter la charge d’entraînement tout en laissant au genou le temps de s’adapter aux contraintes.
La progression repose généralement sur un principe simple : modifier un seul paramètre à la fois. Il peut s’agir de la durée de course, de la durée totale de la séance ou du nombre de séances dans la semaine.
Il est également utile de laisser un temps de récupération suffisant entre les séances afin de permettre au genou de récupérer. (24 à 48 heures)
Observer la réaction de l’articulation reste un repère important. Lorsque la douleur reste modérée, que le genou ne gonfle pas et que la récupération après l’effort est normale, la progression peut généralement se poursuivre dans le temps.
Ai-je bien compris?
Après une reconstruction du ligament croisé antérieur, la reprise de la course doit rester progressive afin de permettre au genou de s’adapter aux impacts. Une fois que les délais de récupération sont suffisants et que les capacités fonctionnelles le permettent, la course peut être réintroduite de manière structurée. Les premières séances alternent souvent marche et course et restent volontairement courtes. La progression se fait ensuite en augmentant progressivement la charge d’entraînement tout en observant la réaction du genou. Cette augmentation progressive permet de limiter les réactions articulaires et d’accompagner la récupération vers une reprise sportive plus complète.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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