Face à une douleur à l’avant du genou, le repos est souvent la première réponse envisagée. Réduire les sollicitations paraît logique pour laisser le genou récupérer. Pourtant, dans le syndrome rotulien, il est fréquent que la douleur persiste ou réapparaisse rapidement après une période de repos, parfois même prolongée. Cette situation ne signifie pas que le repos est inutile, mais qu’il ne suffit pas toujours à résoudre le problème.
Une douleur liée à la tolérance aux contraintes, pas uniquement à l’effort
Le syndrome rotulien n’est généralement pas lié à une lésion aiguë ou à une inflammation isolée. Il correspond le plus souvent à une difficulté de l’articulation fémoro-patellaire à tolérer les contraintes mécaniques répétées. Le repos diminue temporairement la charge appliquée au genou, ce qui peut soulager la douleur. En revanche, il ne modifie pas automatiquement les mécanismes responsables de cette mauvaise tolérance.
Lorsque l’activité reprend, même à un niveau modéré, les contraintes réapparaissent et la douleur peut revenir, parfois très rapidement. Cela explique pourquoi certains patients ont l’impression que le repos « n’a rien changé ».
Le rôle central du fonctionnement musculaire
La répartition des contraintes sur la rotule dépend en grande partie du fonctionnement musculaire, en particulier du quadriceps et des muscles contrôlant la hanche et le bassin. Une période de repos prolongée peut entraîner une diminution de la force et de l’endurance musculaire. Le genou devient alors moins capable d’absorber et de répartir les contraintes lors des gestes du quotidien ou de la reprise sportive.
- diminution de la capacité musculaire à stabiliser le genou,
- fatigue plus rapide lors des sollicitations,
- surcharge accrue de l’articulation fémoro-patellaire à la reprise,
Ces éléments favorisent la persistance ou la réapparition de la douleur malgré le repos.
Mobilité, contrôle du mouvement et coordination
La mobilité articulaire influence directement la façon dont les contraintes s’exercent sur le genou. Une raideur du genou, de la hanche ou de la cheville modifie la cinématique du membre inférieur. Le repos ne corrige pas ces limitations et peut parfois les accentuer. Lors de la reprise, le genou fonctionne alors dans des conditions mécaniques défavorables.
Le contrôle neuromoteur et la proprioception sont également souvent altérés dans le syndrome rotulien. La capacité à percevoir la position du genou et à ajuster finement la contraction musculaire peut être diminuée. Le repos ne restaure pas spontanément ces capacités. Ainsi, même en l’absence de douleur au repos, les gestes fonctionnels peuvent rester mal contrôlés.
Pourquoi la douleur peut durer sans lésion évolutive
Dans le syndrome rotulien, la douleur peut persister sans qu’il existe de lésion qui s’aggrave. Elle reflète souvent un déséquilibre entre les contraintes imposées au genou et sa capacité à les supporter. Tant que cette capacité n’est pas améliorée, la diminution temporaire de la charge par le repos n’apporte qu’un soulagement partiel.
- tolérance insuffisante à la répétition des mouvements,
- contrôle de l’appui encore imprécis,
- appréhension lors de la reprise des activités,
Ces facteurs expliquent pourquoi la douleur peut persister malgré l’arrêt de l’activité.
Le syndrome rotulien peut donc persister malgré le repos, car le repos seul ne corrige ni la tolérance à la charge, ni le fonctionnement musculaire, ni le contrôle du mouvement. Sans amélioration de ces éléments, la douleur peut réapparaître dès que les sollicitations reprennent.
Ai-je bien compris?
Dans le syndrome rotulien, le repos peut diminuer la douleur mais ne suffit pas toujours à la faire disparaître durablement. La douleur est souvent liée à une mauvaise tolérance de l’articulation fémoro-patellaire aux contraintes mécaniques. Le repos peut entraîner une baisse de la capacité musculaire sans corriger la mobilité ni le contrôle du mouvement. À la reprise des activités, le genou reste alors mal préparé à la charge. La persistance des symptômes malgré le repos est donc fréquente. Cela ne signifie pas que le genou s’abîme, mais que sa capacité fonctionnelle n’est pas encore adaptée.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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