kinesport versailles, nos spécialités, kiné et rééducation de l'arthrose, La douleur de l’arthrose signifie-t-elle que l’articulation s’abîme

Dans l’arthrose, la douleur est souvent interprétée comme le signe direct d’une dégradation de l’articulation. Cette association est intuitive : plus ça fait mal, plus l’articulation semblerait s’abîmer. Pourtant, dans la majorité des situations, la douleur arthrosique ne reflète pas une détérioration immédiate des structures articulaires. Elle renseigne avant tout sur le fonctionnement de l’articulation à un moment donné.

Une douleur qui ne correspond pas à une usure instantanée

L’arthrose est une pathologie d’évolution lente. Les modifications du cartilage et de l’os ne se produisent pas au rythme des sensations douloureuses quotidiennes. Une articulation ne se détériore pas d’un jour à l’autre en fonction de la douleur ressentie. En revanche, la douleur peut varier rapidement, en fonction des contraintes subies et de la capacité de l’articulation à les gérer.

La douleur apparaît lorsque les sollicitations dépassent ce que l’articulation peut tolérer sur l’instant. Elle n’est donc pas un indicateur direct de destruction, mais un signal fonctionnel lié à l’équilibre entre charge et adaptation.

Plusieurs éléments expliquent ce décalage :

Ainsi, une douleur intense peut survenir sans qu’une aggravation structurelle soit en cours.

Le rôle du fonctionnement articulaire et du système nerveux

La douleur est une expérience produite par le système nerveux à partir d’informations mécaniques, musculaires et sensorielles. Dans l’arthrose, ces informations peuvent être interprétées comme menaçantes lorsque l’articulation fonctionne dans des conditions défavorables, même sans nouvelle lésion.
Le contrôle neuromoteur et la proprioception jouent ici un rôle central. Lorsque la coordination musculaire est moins efficace ou que la perception de la position articulaire est altérée, certaines zones peuvent être sursollicitées. Cette surcharge fonctionnelle peut déclencher ou majorer la douleur, sans lien direct avec l’état du cartilage.

Plusieurs facteurs peuvent amplifier ce phénomène :

La douleur informe alors sur un fonctionnement temporairement moins tolérant, pas sur une dégradation structurelle en cours.

Une douleur réelle, mais à interpréter avec prudence

Ressentir une douleur ne signifie pas que l’articulation s’abîme à chaque mouvement. La douleur arthrosique est réelle et cohérente, mais elle doit être interprétée comme une information fonctionnelle. Elle indique que l’articulation rencontre une difficulté à gérer certaines contraintes dans un contexte précis.
Comprendre cette distinction permet d’éviter d’associer systématiquement douleur et dommage. La douleur n’est pas un compteur d’usure : elle reflète surtout la capacité de l’articulation à supporter la charge et à organiser le mouvement à un moment donné.

Ai-je bien compris?

La douleur de l’arthrose ne signifie pas que l’articulation s’abîme immédiatement. L’arthrose évolue lentement, alors que la douleur peut varier rapidement. La douleur indique surtout un déséquilibre temporaire entre les contraintes imposées et la capacité de l’articulation à les tolérer. Elle reflète le fonctionnement du moment, pas une destruction en cours. Comprendre cela aide à interpréter la douleur sans l’associer automatiquement à une aggravation.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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