Après une prothèse totale de genou, la persistance de douleurs sur plusieurs semaines, voire plus longtemps, est une situation fréquente et souvent source d’inquiétude. Beaucoup de patients s’attendent à une disparition rapide de la douleur une fois l’articulation remplacée. Pourtant, avoir encore mal après une prothèse de genou n’est pas systématiquement anormal et ne signifie pas nécessairement que la chirurgie a échoué. Cette douleur s’explique par plusieurs mécanismes liés à la récupération des tissus et à l’adaptation fonctionnelle du genou.
Le rôle du traumatisme chirurgical et de la cicatrisation
La pose d’une prothèse de genou implique une intervention lourde sur l’articulation, avec une incision importante, une mobilisation des tissus et un travail direct sur la capsule articulaire et les structures péri-articulaires. Même lorsque la prothèse est correctement positionnée, les tissus autour du genou ont subi une agression chirurgicale significative.
La phase de cicatrisation qui suit s’accompagne fréquemment de douleurs résiduelles, en particulier lors des mouvements, de la mise en charge ou après des sollicitations répétées.
Gonflement, douleur et limitation fonctionnelle
Après une prothèse de genou, un gonflement articulaire peut persister de façon fluctuante. Ce gonflement augmente la pression à l’intérieur de l’articulation, limite les amplitudes et rend les mouvements plus coûteux sur le plan mécanique. Il perturbe également le fonctionnement neuromusculaire du genou, ce qui entretient une douleur parfois diffuse, mal localisée, souvent plus marquée après l’activité.
- augmentation de la pression intra-articulaire,
- limitation des amplitudes de mouvement,
- perturbation des informations sensorielles,
Ces éléments expliquent pourquoi la douleur peut persister malgré une prothèse stable sur le plan mécanique.
Muscles, raideur et adaptation à la charge
Avant l’intervention, le genou était souvent douloureux depuis longtemps, entraînant une diminution de l’activité et une perte de force, notamment au niveau de la cuisse. Après la chirurgie, cette faiblesse musculaire persiste. Les muscles doivent alors fournir un effort important pour stabiliser le genou prothésé, ce qui peut générer des douleurs musculaires ou tendineuses secondaires.
La raideur articulaire joue également un rôle important. Un genou qui ne retrouve pas rapidement des amplitudes fonctionnelles oblige les muscles à travailler dans des conditions mécaniques défavorables, augmentant les contraintes locales et favorisant la persistance de la douleur.
- déficit de force et d’endurance musculaire,
- raideur limitant l’efficacité du mouvement,
- surcharge lors des activités répétées,
La douleur apparaît alors souvent en lien avec la tolérance à la charge. Le genou peut supporter des efforts courts, mais réagir négativement à leur répétition, traduisant un décalage entre la charge imposée et la capacité actuelle d’adaptation.
Contrôle du mouvement et perception de la douleur
Après une prothèse, le système nerveux doit s’adapter à une nouvelle articulation et à des sensations différentes. Le contrôle du mouvement peut être temporairement moins précis, rendant les gestes plus rigides ou moins fluides. Ces ajustements augmentent les contraintes sur certaines structures et participent à la persistance des douleurs.
Avoir encore mal après une prothèse de genou est donc fréquent. Cette douleur reflète le temps nécessaire à la cicatrisation des tissus, à la récupération musculaire et à l’adaptation fonctionnelle du genou.
En revanche, une douleur qui s’intensifie, devient permanente, s’accompagne d’un gonflement croissant, d’une rougeur, d’une chaleur locale, d’une fièvre ou d’une altération de l’état général nécessite une évaluation médicale spécifique.
Ai-je bien compris?
Après une prothèse totale de genou, des douleurs prolongées sont fréquentes. Elles sont liées à la cicatrisation, au gonflement articulaire et à la récupération musculaire. La raideur et une tolérance à la charge encore limitée entretiennent ces douleurs. Le contrôle du mouvement doit aussi se réadapter. Une douleur fluctuante liée à l’activité est généralement compatible avec la récupération. Une évolution inhabituelle doit être réévaluée médicalement.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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