Marcher fait partie des activités les plus naturelles du quotidien. Pourtant, lorsque l’arthrose du genou apparaît, beaucoup de personnes se demandent s’il faut limiter leurs déplacements pour protéger l’articulation.
Dans la majorité des situations, réduire fortement la marche n’est pas nécessaire. Le plus souvent, l’objectif consiste plutôt à adapter la quantité et les conditions de marche afin que le genou puisse continuer à bouger sans être surchargé.
Pourquoi la marche reste importante pour un genou arthrosique
Le genou est une articulation qui fonctionne grâce au mouvement. Lorsqu’il reste actif, plusieurs mécanismes utiles se maintiennent : la mobilité articulaire, la circulation du liquide synovial (le liquide qui nourrit le cartilage) et l’activité des muscles qui stabilisent l’articulation.
La marche stimule également les muscles de la cuisse et de la hanche, en particulier le quadriceps et les muscles fessiers. Ces muscles jouent un rôle essentiel dans la répartition des contraintes au moment de poser le pied au sol. Lorsqu’ils sont suffisamment actifs, ils participent à soulager une partie de la charge qui s’exerce sur l’articulation.
À l’inverse, réduire fortement la marche peut entraîner plusieurs effets peu favorables :
- une perte progressive de force musculaire
- une diminution de la mobilité articulaire
- une baisse de la tolérance à l’effort
- une augmentation de la raideur du genou
Dans ce contexte, le genou devient parfois moins capable de supporter les contraintes du quotidien, ce qui peut entretenir la gêne lorsque l’activité reprend.
Pourquoi certaines marches deviennent douloureuses
Même si la marche reste utile, certaines situations peuvent provoquer ou majorer la douleur. L’arthrose modifie progressivement la manière dont les surfaces articulaires répartissent les contraintes, et l’articulation peut devenir plus sensible aux variations de charge.
La douleur apparaît alors souvent lorsque la charge dépasse ce que le genou peut tolérer à ce moment précis. Plusieurs facteurs peuvent influencer cette tolérance : la durée de la marche, la vitesse de déplacement, la fatigue musculaire, le type de terrain ou encore la fréquence des sorties dans la journée.
Par exemple, une marche longue et continue peut être plus difficile à supporter qu’une marche plus courte répartie sur plusieurs moments de la journée.
Le système neuromoteur, c’est-à-dire la capacité du corps à coordonner les mouvements et à stabiliser l’articulation, joue aussi un rôle important. Lorsque les muscles contrôlent correctement le genou et que les appuis sont bien répartis, les contraintes mécaniques sont mieux absorbées.
Comment adapter la marche sans arrêter de bouger
Dans l’arthrose du genou, l’objectif est rarement d’arrêter la marche. Il s’agit plutôt de trouver un niveau d’activité que le genou supporte correctement.
Plusieurs ajustements simples permettent souvent de maintenir la marche sans majorer la douleur :
- réduire temporairement la durée des marches
- fractionner l’activité en plusieurs sorties plus courtes
- privilégier des terrains réguliers et plats
- adapter la vitesse de marche
- augmenter progressivement les distances lorsque la tolérance s’améliore
Cette adaptation progressive aide le genou à retrouver progressivement une meilleure capacité à supporter la charge. Les muscles se renforcent, le contrôle du mouvement s’améliore et l’articulation peut redevenir plus confortable dans les activités du quotidien.
La marche doit-elle être réduite en cas d’arthrose du genou ?
Dans la plupart des cas, la marche quotidienne ne doit donc pas être supprimée ni fortement réduite. L’arthrose ne signifie pas que le genou doit rester au repos. Au contraire, le mouvement aide l’articulation à rester mobile et entretient les muscles qui participent à sa stabilité.
Ce qui doit parfois être ajusté, ce n’est pas la marche en elle-même, mais la dose de marche. Lorsque la douleur apparaît ou augmente nettement pendant ou après l’activité, cela peut simplement signifier que la charge dépasse momentanément ce que le genou tolère.
La bonne stratégie consiste donc généralement à adapter temporairement la durée, le rythme ou le terrain, puis à réaugmenter progressivement l’activité lorsque le genou la supporte mieux. Cette adaptation permet de rester actif tout en respectant les capacités du genou.
Ai-je bien compris?
Dans l’arthrose du genou, la marche ne doit généralement pas être supprimée. Le mouvement aide l’articulation à rester mobile et entretient les muscles qui stabilisent le genou. La douleur apparaît surtout lorsque la charge dépasse ce que le genou peut supporter à un moment donné. Plutôt que d’arrêter de marcher, il est souvent préférable d’adapter la durée, la vitesse ou le terrain. Une progression progressive permet au genou de mieux tolérer l’activité au fil du temps. L’objectif est donc de rester actif tout en respectant les capacités du genou.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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