Une douleur qui dépend du contexte plus que d’un état fixe
Lorsque la douleur varie d’un jour à l’autre, elle ne correspond généralement pas à un phénomène figé. Contrairement à une lésion aiguë, qui entraîne une douleur relativement constante, les douleurs de jambe ou de genou liées au mouvement évoluent souvent en fonction du contexte.
La charge supportée, la durée des efforts, le niveau de fatigue ou encore la récupération influencent directement l’intensité ressentie. Le membre inférieur peut donc fonctionner confortablement un jour, puis devenir douloureux le lendemain, sans qu’un changement structurel ne soit intervenu.
Le rôle central de la charge et de la récupération
La fluctuation de la douleur s’explique en grande partie par l’équilibre entre la charge imposée au membre inférieur et sa capacité de récupération. Lorsque cet équilibre est respecté, la douleur reste faible ou absente. Lorsqu’il est rompu, la douleur tend à réapparaître ou à s’intensifier.
Plusieurs éléments peuvent influencer cet équilibre :
- une augmentation ponctuelle de la charge ou de la durée d’effort,
- une récupération incomplète entre deux sollicitations,
- une fatigue musculaire persistante,
- une capacité d’adaptation temporairement diminuée.
La douleur devient alors variable, car ces paramètres ne sont jamais strictement identiques d’un jour à l’autre.
Un système d’adaptation sensible aux variations quotidiennes
Le membre inférieur fonctionne comme un système adaptatif. Il ajuste en permanence la répartition des contraintes, le contrôle du mouvement et la stabilité articulaire. Lorsque l’adaptation est efficace, la douleur reste limitée. Lorsque cette adaptation devient moins performante, la douleur apparaît plus facilement.
Cette variabilité explique pourquoi une activité identique peut être bien tolérée un jour et plus difficile le lendemain. Le système n’est pas défaillant, mais temporairement moins apte à supporter la même charge dans les mêmes conditions.
Une douleur fluctuante ne signifie pas une aggravation
La variation de la douleur peut être interprétée à tort comme une évolution défavorable. En réalité, cette fluctuation est souvent le signe d’une douleur fonctionnelle, dépendante de la charge et de la récupération, plutôt que d’une dégradation structurelle progressive.
On observe fréquemment :
- des journées avec peu ou pas de douleur,
- d’autres avec une gêne plus marquée,
- une évolution globale stable dans le temps.
Ces variations traduisent une limite de tolérance variable, et non une aggravation continue.
Le rôle de la kinésithérapie dans la régulation de la douleur
La kinésithérapie vise à réduire cette variabilité en améliorant la capacité du membre inférieur à s’adapter aux contraintes quotidiennes. Le travail porte sur la mobilité, l’endurance musculaire, le contrôle neuromoteur et la proprioception lorsque cela est pertinent.
L’objectif est de rendre le système plus stable face aux variations de charge, afin que la douleur dépende de moins en moins des fluctuations du quotidien et devienne plus prévisible, puis progressivement moins présente.
Ai-je bien compris?
Les douleurs de jambe ou de genou peuvent fluctuer d’un jour à l’autre car elles dépendent de la charge supportée et de la récupération. La fatigue, la durée des efforts et la capacité d’adaptation varient quotidiennement. Cette variabilité n’indique pas forcément une aggravation, mais une tolérance à l’effort changeante. La kinésithérapie vise à améliorer cette tolérance afin de stabiliser la douleur dans le temps.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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