Dans l’arthrose, il est fréquent que la douleur apparaisse ou s’intensifie lors d’une activité physique. La marche prolongée, les escaliers ou les efforts répétés peuvent rendre la gêne plus perceptible. Cette réaction n’est pas aléatoire : elle correspond à la manière dont l’articulation répond aux contraintes qui lui sont imposées à ce moment précis.
Une réponse liée à la charge appliquée à l’articulation
L’effort augmente mécaniquement la charge supportée par l’articulation. À chaque mouvement, la hanche ou le genou doit absorber, transmettre et contrôler les forces liées au poids du corps et à l’activité réalisée. Dans l’arthrose, cette capacité d’adaptation est parfois réduite, surtout lorsque les sollicitations deviennent prolongées ou répétées.
La douleur apparaît lorsque l’équilibre entre la charge imposée et la capacité de l’articulation à la supporter est dépassé. Ce seuil n’est pas fixe. Il varie selon la durée de l’effort, son intensité et l’état de récupération préalable.
Plusieurs situations peuvent favoriser cette réponse :
- une accumulation de contraintes au fil de l’activité,
- une répétition des efforts sans récupération suffisante,
- une fatigue progressive des structures articulaires et musculaires.
La douleur traduit alors un dépassement fonctionnel temporaire, et non une détérioration immédiate.
L’influence du mouvement et de la coordination musculaire
La douleur à l’effort ne dépend pas uniquement de la charge. La manière dont le mouvement est réalisé joue un rôle central. Le contrôle neuromoteur permet normalement de répartir les contraintes de façon homogène autour de l’articulation. Lorsque ce contrôle devient moins précis, certaines zones sont davantage sollicitées.
Dans l’arthrose, la proprioception peut être altérée, en particulier lorsque la fatigue s’installe. La perception de la position articulaire et de la charge devient moins fine. Le mouvement perd alors en fluidité, la stabilisation diminue, et l’effort devient plus coûteux.
Plusieurs éléments peuvent contribuer à cette situation :
- une fatigue musculaire réduisant la stabilité,
- des compensations gestuelles liées à des mouvements moins assurés,
- une dégradation progressive de la qualité du geste au fil de l’effort.
La douleur augmente parce que l’articulation travaille dans des conditions moins favorables.
Une douleur liée à l’effort, reflet du fonctionnement du moment
L’augmentation de la douleur à l’effort est une caractéristique fréquente de l’arthrose. Elle informe sur les limites fonctionnelles de l’articulation à un instant donné. Cette douleur est réelle, mais elle ne correspond pas à une aggravation structurelle immédiate.
Comprendre ce mécanisme permet d’interpréter la douleur comme un indicateur de tolérance à la charge et de qualité du mouvement, plutôt que comme un signe de détérioration systématique.
Ai-je bien compris?
Dans l’arthrose, la douleur augmente à l’effort lorsque les contraintes dépassent ce que l’articulation peut supporter à ce moment-là. Elle dépend de la charge, de la durée de l’activité et de la qualité du mouvement. La fatigue et une coordination moins efficace peuvent accentuer cette douleur. Elle reflète un fonctionnement temporairement moins tolérant, sans signifier une dégradation immédiate de l’articulation.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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