Le mouvement fait partie du processus de récupération du tendon
Après une rupture tendineuse, la question du moment pour recommencer à bouger ne se résume pas à attendre que le tendon soit « réparé ». Dès les premières phases de cicatrisation, le tendon entre dans un processus biologique actif, au cours duquel un tissu de réparation se met en place. Ce tissu est initialement peu organisé et peu résistant, ce qui impose une protection, mais il a aussi besoin de stimulations progressives pour se structurer correctement.
Une immobilisation trop prolongée peut entraîner des conséquences secondaires : raideur articulaire, perte de mobilité des tissus voisins, diminution de l’activation musculaire et altération du contrôle du mouvement. Ces adaptations ne concernent pas uniquement le tendon, mais l’ensemble du système musculo-tendineux. Recommencer à bouger ne signifie donc pas prendre un risque inutile : cela correspond à accompagner la cicatrisation en respectant la capacité réelle du tendon à ce moment précis.
Dans la pratique, les premiers mouvements sont souvent limités en amplitude, lents et contrôlés. Ils ne visent pas à solliciter fortement le tendon, mais à maintenir une mobilité fonctionnelle, à limiter les adhérences et à favoriser une organisation progressive des fibres tendineuses.
La reprise du mouvement repose sur une progression contrôlée
À mesure que la cicatrisation avance, et dès le feu vert médical, le mouvement devient un outil central pour préparer le tendon à retrouver ses fonctions. Le tendon se réorganise en fonction des contraintes qu’il reçoit : trop peu de stimulation ralentit l’adaptation, tandis qu’une augmentation trop rapide des contraintes peut dépasser sa tolérance actuelle. La reprise du mouvement repose donc sur une progression soigneusement ajustée.
Cette progression tient compte de plusieurs éléments :
- la capacité du tendon à tolérer des mises en tension graduelles,
- la récupération de l’activation musculaire autour du tendon,
- la qualité du contrôle neuromoteur et de la proprioception,
- la manière dont le geste est réalisé, plus que l’intensité elle-même.
Après une rupture, certains muscles peuvent s’activer moins efficacement, tandis que d’autres compensent. Le mouvement est alors réintroduit de façon à restaurer une coordination fiable et une perception précise du geste. Ce travail permet au tendon de s’adapter à la charge tout en retrouvant une fonction utilisable dans les gestes du quotidien.
La reprise ne se fait pas en une seule étape. Elle progresse généralement :
- de mouvements simples et guidés vers des gestes plus actifs,
- d’efforts de faible intensité vers des contraintes progressivement plus importantes,
- d’un contrôle volontaire du geste vers une utilisation plus automatique et fonctionnelle.
Le moment pour recommencer à bouger dépend donc moins du temps écoulé depuis la rupture que de la manière dont le tendon, les muscles et le système nerveux réagissent à ces sollicitations progressives.
Ai-je bien compris?
Après une rupture tendineuse, le mouvement n’est pas simplement autorisé à un moment précis : il fait partie du processus de récupération. Le tendon a besoin de stimulations progressives pour se réorganiser correctement. Une immobilisation trop longue peut ralentir la récupération en entraînant raideur, perte de contrôle et diminution de la fonction musculaire. Recommencer à bouger se fait par étapes, avec des mouvements d’abord limités et contrôlés, puis de plus en plus fonctionnels. La reprise du mouvement dépend surtout de la tolérance réelle du tendon et de la qualité du contrôle du geste, plus que du temps écoulé depuis la rupture.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Rééducation des ruptures tendineuses en kinésithérapie
Rééducation des ruptures tendineuses en kinésithérapie.





