Lorsqu’une arthrose du genou apparaît, la question de l’activité physique devient centrale. Certaines activités semblent plus difficiles qu’avant, et il peut être difficile de savoir quels mouvements restent adaptés.
Le vélo est souvent évoqué comme une activité intéressante pour le genou. Pourtant, le pédalage mobilise beaucoup l’articulation, ce qui peut sembler paradoxal. Pour comprendre pourquoi cette activité est souvent bien tolérée, il faut regarder comment le genou fonctionne pendant le pédalage et ce qui se passe à l’intérieur de l’articulation pendant le mouvement.
Pourquoi le mouvement du vélo sollicite différemment le genou
Le pédalage produit un mouvement circulaire régulier du genou. Contrairement à la marche ou à la course, le pied ne frappe pas le sol à chaque mouvement. Une grande partie du poids du corps est supportée par la selle, ce qui modifie la manière dont les forces sont transmises à l’articulation.
Le genou se plie et se déplie progressivement pendant le cycle du pédalage. Les muscles de la cuisse participent activement au mouvement et accompagnent l’articulation tout au long du geste.
Pendant ce mouvement :
- le genou effectue une flexion et une extension régulières
- la charge appliquée à l’articulation reste progressive
- les muscles de la cuisse participent activement au pédalage
- il n’y a pas d’impact direct du pied avec le sol
Cette mécanique explique pourquoi le pédalage est souvent mieux toléré que certaines activités où le poids du corps est transmis brutalement à l’articulation à chaque pas.
Ce qui se passe dans l’articulation pendant le pédalage
L’intérieur du genou contient un liquide appelé liquide synovial. Ce liquide lubrifie l’articulation et facilite le glissement des surfaces articulaires. Il joue également un rôle important dans la nutrition du cartilage.
Le cartilage ne possède pas de vaisseaux sanguins. Pour recevoir des nutriments, il dépend des mouvements de l’articulation. Lorsque le genou se plie et se déplie, la pression dans l’articulation varie et favorise la circulation du liquide synovial.
Le pédalage crée justement ces cycles réguliers de compression et de relâchement dans l’articulation. Ce mécanisme contribue à maintenir la mobilité du genou et à entretenir les tissus articulaires.
Le vélo permet également de solliciter les muscles de la cuisse, notamment le quadriceps. Ce muscle intervient dans l’extension du genou et participe à la stabilité de l’articulation. Lorsque les muscles fonctionnent efficacement, ils contribuent à contrôler les contraintes mécaniques appliquées au genou.
Cette activité peut donc apporter plusieurs effets intéressants pour l’articulation :
- mobilisation régulière de l’articulation
- circulation du liquide synovial
- travail des muscles de la cuisse
- maintien de la mobilité du genou
- activité physique sans impact direct
Ces mécanismes expliquent pourquoi le vélo est souvent bien toléré lorsque l’on présente une arthrose du genou.
Une activité intéressante si l’intensité reste adaptée
Comme toute activité physique, les effets du vélo dépendent de la manière dont il est pratiqué. Une résistance trop importante ou un effort prolongé peuvent augmenter les contraintes appliquées au genou.
L’objectif est généralement de maintenir un mouvement fluide et confortable, permettant de mobiliser l’articulation et de solliciter les muscles sans imposer une charge excessive.
Comment adapter le vélo pour protéger le genou
Même si le vélo est souvent bien toléré en cas d’arthrose du genou, le confort articulaire dépend aussi de la manière dont l’activité est pratiquée. Certains réglages ou habitudes peuvent modifier de façon importante les contraintes appliquées au genou.
L’intensité de l’effort joue un rôle important. Lorsque la résistance est trop élevée, les muscles doivent produire davantage de force pour pousser sur les pédales. Cette augmentation de force se transmet à l’articulation du genou et peut accentuer la gêne.
Un pédalage plus souple est généralement préférable. L’objectif est de maintenir un mouvement fluide et continu, avec une résistance modérée permettant de tourner les pédales sans forcer excessivement.
Le type de terrain influence également les contraintes mécaniques. Les parcours plats permettent de conserver un pédalage régulier et contrôlé. À l’inverse, les montées importantes obligent souvent à appuyer davantage sur les pédales, ce qui augmente les forces appliquées au genou.
Le réglage du vélo constitue enfin un élément essentiel. La hauteur de selle modifie directement l’angle de flexion du genou pendant le pédalage.
Une selle trop basse peut entraîner :
- une flexion excessive du genou à chaque tour de pédale
- une augmentation des contraintes dans l’articulation
- une fatigue musculaire plus rapide
Une selle correctement réglée permet généralement :
- un mouvement plus fluide du genou
- une répartition plus progressive des forces
- une meilleure efficacité du pédalage
Ces éléments montrent que les effets du vélo ne dépendent pas uniquement de l’activité elle-même, mais aussi de la manière dont elle est pratiquée. Des réglages adaptés et une intensité progressive permettent souvent de profiter des bénéfices du mouvement tout en limitant les contraintes inutiles sur le genou.
Ai-je bien compris?
Le vélo peut être intéressant en cas d’arthrose du genou car le mouvement du pédalage est régulier et sans impact direct avec le sol. Le genou se plie et se déplie progressivement, ce qui mobilise l’articulation sans contraintes brusques. Ce mouvement favorise la circulation du liquide synovial, un liquide qui lubrifie l’articulation et participe à la nutrition du cartilage. Le pédalage sollicite également les muscles de la cuisse, qui contribuent à stabiliser le genou et à contrôler les contraintes mécaniques. Lorsque l’intensité reste adaptée, cette activité permet de maintenir la mobilité et la fonction du genou.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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