La pubalgie est une douleur fréquente chez les sportifs, notamment dans les disciplines impliquant des accélérations, des changements de direction, des frappes ou des gestes asymétriques répétés. Cette fréquence s’explique par la position particulière de la région pubienne, située au centre des transferts de force entre le tronc et les membres inférieurs. Lors de l’activité sportive, cette zone est soumise à des contraintes importantes et répétées, ce qui la rend particulièrement vulnérable.
La région pubienne constitue un point d’ancrage pour plusieurs groupes musculaires essentiels, notamment les adducteurs et les muscles abdominaux. Ces muscles doivent fonctionner de manière coordonnée pour assurer la stabilité du bassin tout en permettant le mouvement. Lorsque cette coordination est mise à l’épreuve de façon répétée, les contraintes peuvent se concentrer localement et dépasser la capacité d’adaptation des tissus.
Une zone soumise à des contraintes répétées et complexes
Chez le sportif, la répétition des gestes joue un rôle central. Les accélérations, les changements brusques de direction ou les frappes sollicitent intensément les adducteurs et la sangle abdominale. Ces efforts ne sont pas isolés : ils se répètent des centaines de fois au cours d’un entraînement ou d’un match. Lorsque la charge cumulée devient trop importante, une surcharge progressive peut s’installer sans qu’un traumatisme précis ne soit identifiable.
Plusieurs facteurs favorisent cette accumulation de contraintes :
- la répétition de gestes explosifs ou asymétriques,
- les changements fréquents de direction,
- les accélérations et décélérations rapides,
- les frappes de balle ou gestes techniques exigeants.
Dans ce contexte, la douleur apparaît souvent de manière progressive, ce qui est caractéristique de nombreuses pubalgies.
Déséquilibres musculaires et gestion de la charge
Les déséquilibres entre les muscles abdominaux et les adducteurs constituent un autre facteur explicatif. Une différence de force, d’endurance ou de contrôle modifie la répartition des forces autour du bassin. Certaines insertions musculaires sont alors soumises à des tractions excessives, rendant la région pubienne plus sensible aux contraintes répétées.
La gestion de la charge d’entraînement est également déterminante. Une augmentation rapide du volume, de l’intensité ou de la fréquence des séances expose la région pubienne à des sollicitations que les tissus n’ont pas eu le temps d’intégrer. Même chez un sportif expérimenté, une modification récente de l’entraînement peut suffire à dépasser la tolérance locale.
La fatigue joue enfin un rôle important. Lorsqu’elle s’installe, le contrôle neuromoteur et la proprioception du bassin deviennent moins précis. La stabilité est moins bien assurée, et la région pubienne se retrouve davantage sollicitée pour compenser, ce qui favorise l’apparition de la douleur.
Une pathologie souvent multifactorielle
La pubalgie résulte rarement d’un seul facteur isolé. Elle correspond le plus souvent à une accumulation de contraintes mécaniques, de déséquilibres musculaires et de charges mal tolérées dans le temps. Cette combinaison explique pourquoi elle touche des sportifs de niveaux et de disciplines variés, et pourquoi elle peut s’installer progressivement.
Ai-je bien compris?
La pubalgie est fréquente chez les sportifs car la région pubienne est un carrefour de forces entre le tronc et les membres inférieurs. Les gestes répétés, les accélérations et les changements de direction sollicitent fortement les muscles autour du bassin. Des déséquilibres musculaires et une gestion inadaptée de la charge augmentent les contraintes locales. La fatigue altère le contrôle du mouvement et la stabilité, ce qui accentue ces sollicitations. La pubalgie résulte le plus souvent d’une accumulation progressive plutôt que d’un traumatisme isolé.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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