Après la pose d’une prothèse totale de genou, de nombreux patients constatent que la descente des escaliers reste difficile, parfois longtemps après l’intervention. Cette gêne surprend souvent, car la marche sur terrain plat peut être redevenue correcte. Pourtant, cette situation est fréquente et ne traduit pas nécessairement une complication. Elle s’explique par les exigences mécaniques et fonctionnelles particulières de ce geste.
Des contraintes spécifiques à la descente des escaliers
Contrairement à la montée, la descente des escaliers impose au genou un contrôle précis de la flexion sous le poids du corps. Le genou doit accompagner progressivement la descente du centre de gravité tout en absorbant la charge à chaque pas.
Après une prothèse, une limitation de la flexion est fréquente dans les phases de récupération. Même modérée, cette restriction suffit à perturber le déroulement du mouvement. Le genou peine alors à fléchir de manière fluide et contrôlée, ce qui rend le geste inconfortable ou instable.
Rôle central du quadriceps
Le quadriceps est fortement sollicité lors de la descente des escaliers. Son rôle est de freiner la flexion du genou et de contrôler la descente du corps. Après la chirurgie, ce muscle présente presque toujours une perte de force et une inhibition persistante.
Même lorsque la force semble correcte sur des exercices simples, elle peut rester insuffisante pour gérer une contrainte élevée et répétée comme celle de la descente d’escaliers.
- déficit de force du quadriceps,
- inhibition musculaire persistante,
- difficulté à freiner la flexion sous charge,
Ces éléments expliquent la sensation de manque de contrôle et l’appréhension fréquemment ressentie dans cette situation.
Contrôle neuromoteur et proprioception
Descendre un escalier requiert une coordination fine entre les muscles de la cuisse, de la hanche et de la cheville pour stabiliser le genou tout au long du mouvement. Après une prothèse, le contrôle neuromoteur est souvent perturbé.
La chirurgie modifie les informations sensorielles provenant de l’articulation, ce qui altère la proprioception, c’est-à-dire la perception de la position et du mouvement du genou. Cette modification rend le placement du pied et le timing musculaire moins précis.
Le système nerveux doit alors s’adapter à de nouveaux repères. Tant que cette adaptation n’est pas suffisante, le genou peut paraître peu fiable lors de gestes complexes, comme la descente d’escaliers.
Douleur résiduelle et stratégies de protection
Même modérée, une sensibilité persistante autour du genou peut influencer la manière de charger l’articulation. Le corps adopte alors des stratégies de protection, souvent inconscientes, qui modifient la mécanique du mouvement et accentuent la difficulté.
- protection réflexe liée à la gêne,
- modification du schéma d’appui,
- recours à des compensations (rampe, pas asymétriques),
Ces adaptations permettent de descendre les escaliers, mais au prix d’un mouvement moins fluide et plus coûteux.
Descendre les escaliers après une prothèse totale de genou est donc souvent difficile en raison d’une combinaison de limitation de flexion, de déficit de force du quadriceps, d’altération du contrôle neuromoteur et d’adaptation encore incomplète à la nouvelle articulation. Cette difficulté correspond le plus souvent à une étape normale de la récupération fonctionnelle.
Ai-je bien compris?
Après une prothèse totale de genou, la descente des escaliers est fréquemment difficile. Ce geste impose une flexion suffisante du genou et un contrôle précis sous charge. La faiblesse persistante du quadriceps complique le freinage du mouvement. Le contrôle neuromoteur et la proprioception sont souvent perturbés après la chirurgie. Ces facteurs expliquent la sensation d’instabilité ou de manque de confiance. Il s’agit le plus souvent d’une étape normale de la récupération.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Rééducation de la prothèse totale de genou
Rééducation après prothèse totale de genou : kinésithérapie pour soulager la douleur, restaurer la mobilité et retrouver l’autonomie





