Une tendinopathie devient dite chronique lorsque la douleur persiste au-delà de plusieurs mois et tend à revenir malgré des périodes de repos ou des tentatives de reprise. Cette situation est souvent source d’inquiétude, car elle donne l’impression que le tendon ne guérit plus. En réalité, la chronicisation n’est généralement pas liée à une dégradation irréversible, mais à un déséquilibre durable entre les contraintes imposées au tendon et sa capacité à les tolérer.
Le facteur le plus fréquent est le maintien d’une surcharge mal ajustée. Même lorsque la douleur diminue, le tendon peut continuer à subir des contraintes légèrement supérieures à ce qu’il est capable d’encaisser. Ces dépassements répétés, parfois discrets, empêchent une adaptation stable. La douleur ne disparaît alors jamais complètement, ou réapparaît dès que l’activité augmente.
Un tendon qui ne parvient pas à retrouver sa tolérance
La variabilité excessive de la charge joue un rôle important dans ce mécanisme. Alterner des périodes de repos complet avec des reprises trop intenses ne laisse pas au tendon le temps de s’adapter. Le tendon a besoin d’une exposition régulière, progressive et maîtrisée pour améliorer sa tolérance. Les à-coups répétés entretiennent un état de sensibilité persistante.
Plusieurs situations favorisent cette chronicité :
- des variations brutales de l’intensité ou du volume,
- des reprises ambitieuses après des pauses prolongées,
- une répétition de gestes exigeants en contexte de fatigue,
- une récupération insuffisante entre les sollicitations.
Dans ces conditions, le seuil de tolérance du tendon reste bas et la douleur devient plus facile à déclencher.
Douleur persistante et sensibilité accrue
Il est également important de comprendre que la douleur chronique tendineuse ne reflète pas toujours l’état structurel du tendon. Un tendon peut devenir plus sensible aux contraintes mécaniques normales, sans qu’une lésion évolutive soit présente. La douleur traduit alors une tolérance diminuée et une réactivité accrue à la charge.
Ce phénomène peut être renforcé par des modifications du contrôle du mouvement. Lorsque la douleur est anticipée, le geste devient parfois moins fluide, moins coordonné. Le contrôle neuromoteur et la proprioception sont alors perturbés, ce qui peut augmenter localement les contraintes sur le tendon et entretenir le cercle douloureux.
D’autres éléments participent à l’installation dans la durée :
- une appréhension du mouvement,
- des adaptations gestuelles inconscientes,
- une difficulté à identifier précisément les charges mal tolérées.
Avec le temps, la douleur s’intègre dans le fonctionnement quotidien et sportif. Sans stratégie cohérente visant à reconstruire progressivement la tolérance à la charge, le tendon reste dans un état intermédiaire, ni aggravé, ni réellement en voie de récupération complète.
Ainsi, une tendinopathie devient chronique lorsque les contraintes continuent de dépasser, même légèrement, la capacité d’adaptation du tendon. La persistance de la douleur reflète avant tout une tolérance insuffisante et une sensibilité durable, plutôt qu’une dégradation irréversible.
Ai-je bien compris?
Une tendinopathie devient chronique lorsque le tendon reste exposé à des contraintes qu’il ne tolère pas suffisamment. De petits dépassements répétés peuvent entretenir la douleur dans le temps. Les variations brutales entre repos et reprise empêchent l’adaptation progressive du tendon. La douleur persistante reflète souvent une sensibilité accrue plutôt qu’une lésion grave. Les modifications du mouvement et l’appréhension peuvent maintenir la surcharge. La clé est de reconstruire progressivement la tolérance à la charge.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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