Comprendre la complexité du geste de marche
La marche est souvent perçue comme un mouvement naturel et automatique. Pourtant, il s’agit de l’un des gestes les plus complexes du corps humain. À chaque pas, le membre inférieur doit absorber le poids du corps, s’adapter au sol, stabiliser l’ensemble et assurer la propulsion vers l’avant. Lorsque cette mécanique se modifie, même de façon minime, certaines structures peuvent être sursollicitées et devenir douloureuses.
📹 Vous préférez une version courte en vidéo ?
Quand la douleur apparaît ou persiste à la marche
Une douleur qui apparaît ou persiste lors de la marche n’est pas toujours liée à une lésion isolée. Elle peut être entretenue par la manière dont le pied se pose, dont le genou s’oriente ou dont la hanche contrôle l’axe du mouvement. Ces adaptations sont souvent inconscientes et s’installent progressivement, parfois après une douleur initiale, parfois après un changement de rythme de vie, une reprise d’activité, une période de fatigue ou une perte de mobilité.
Le cycle de marche et la répartition des contraintes
La marche suit une succession précise de phases qui doivent s’enchaîner de manière fluide pour être efficaces. Le contact au sol, le déroulé du pied, le transfert du poids puis la propulsion sollicitent plusieurs articulations qui doivent fonctionner ensemble.
- adaptation du pied au sol pour répartir la charge
- mobilité suffisante de la cheville pour laisser avancer le tibia
- stabilité du genou sans rigidité excessive
- contrôle de l’axe du membre inférieur par la hanche
Les compensations discrètes qui s’installent
Lorsque l’un de ces éléments participe moins efficacement, des compensations apparaissent. Elles sont souvent discrètes : un pas légèrement plus court, un appui plus rigide, une propulsion moins présente ou une asymétrie progressive. À l’échelle d’une journée, ces modifications peuvent se répéter des centaines, voire des milliers de fois. Ce n’est pas la marche en elle-même qui devient problématique, mais la manière dont les contraintes sont supportées et redistribuées.
Appuis, alignement et surcharge locale
Un appui mal réparti augmente les contraintes locales. Un pied qui déroule moins peut transmettre davantage d’efforts au genou. Une cheville raide limite l’amortissement naturel et augmente la charge ailleurs. Une hanche qui contrôle moins bien l’alignement peut modifier la direction du membre inférieur et accroître la pression sur certaines zones lors des appuis. Dans ces situations, la douleur persiste parce que le mouvement continue d’exposer le corps au même schéma de contrainte.
Repos, reprise de la marche et maintien de la douleur
Le repos soulage souvent temporairement parce qu’il réduit la charge appliquée au membre inférieur. Cependant, dès que la marche reprend, la douleur peut réapparaître si la mécanique n’a pas évolué.
- diminution de la douleur à l’arrêt ou au repos
- réapparition rapide lors de la reprise de la marche
- lien direct avec la répétition des appuis
- maintien d’un schéma de contrainte identique
L’analyse de la marche en kinésithérapie
L’évaluation en kinésithérapie repose sur l’observation globale du mouvement. La façon de marcher, le déroulé du pied, la symétrie des appuis, la stabilité du genou, la mobilité de la cheville et le contrôle de la hanche sont analysés ensemble. L’objectif n’est pas de corriger un aspect esthétique, mais d’identifier ce qui, dans la marche, augmente inutilement la contrainte sur une zone et entretient la douleur.
Restaurer une marche plus efficace et mieux tolérée
La rééducation vise à restaurer un schéma de marche plus physiologique, naturel et cohérent, capable de mieux répartir les charges. Elle s’appuie sur un travail progressif de la mobilité utile, de la qualité de l’appui, du contrôle de l’alignement et de la capacité à absorber puis restituer les forces. À mesure que la marche redevient plus efficace, le membre inférieur tolère mieux la charge et la douleur diminue de façon plus durable.
Ai-je bien compris?
La marche est un geste complexe et répétitif : lorsque l’appui ou l’alignement se modifie, même légèrement, certaines zones peuvent être sursollicitées et la douleur peut persister. Cette douleur n’est pas forcément liée à une lésion isolée, mais à une répartition des charges moins efficace. Le repos soulage en réduisant la charge, mais la douleur revient si la mécanique de marche n’évolue pas. La rééducation vise à analyser puis à améliorer la manière de marcher afin de restaurer une meilleure tolérance à l’effort.
Article proposé par l’équipe du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Pathologies du membre inférieur : rotule, tendons et pathologies du pied
Pathologies du membre inférieur : rotule, tendons et pied. Comprendre la douleur, l’alignement, la marche et les compensations pour une rééducation efficace. Mobilité, force, appui et prévention expliqués par les kinés de Versailles.





