Une douleur proportionnelle à la durée de l’effort
Lorsque la douleur augmente à mesure que la distance de marche s’allonge, elle s’inscrit rarement dans un mécanisme brutal. Elle apparaît généralement de façon progressive, en lien direct avec la répétition des appuis et la durée de la sollicitation.
La marche impose une contrainte mécanique constante au membre inférieur. Plus la distance parcourue est importante, plus cette contrainte s’accumule. Tant que la capacité d’adaptation est suffisante, la marche reste confortable. Lorsque cette capacité diminue, la douleur commence à apparaître puis s’intensifie avec la poursuite de l’effort.
Le rôle central de la fatigue et de la répétition
La distance de marche agit comme un révélateur de la tolérance à l’effort. À mesure que la fatigue musculaire s’installe, la capacité à absorber et redistribuer les contraintes devient moins efficace. Le contrôle neuromoteur perd progressivement en précision, ce qui modifie la qualité du mouvement.
Plusieurs mécanismes sont alors en jeu :
- une diminution progressive de l’efficacité musculaire,
- une absorption moins performante des contraintes,
- une modification subtile des appuis,
- une surcharge locale liée à la répétition.
La douleur apparaît non pas à cause d’un pas isolé, mais en raison de l’accumulation de milliers de pas successifs.
Pourquoi la douleur apparaît toujours après une certaine distance
Le fait que la douleur débute souvent après une distance relativement constante n’est pas un hasard. Cette distance correspond fréquemment au seuil au-delà duquel la capacité d’adaptation devient insuffisante.
Avant ce seuil, le membre inférieur compense efficacement. Au-delà, les mécanismes de compensation atteignent leurs limites. La douleur devient alors un signal indiquant que la charge cumulée dépasse ce que le système peut tolérer dans ces conditions.
Le soulagement au repos et sa signification
Lorsque la marche s’interrompt, la contrainte mécanique cesse immédiatement. La fatigue peut partiellement se résorber, le contrôle du mouvement s’améliore et la douleur diminue. Ce comportement renforce le lien direct entre douleur et effort cumulé.
On observe souvent :
- une douleur absente ou faible en début de marche,
- une augmentation progressive avec la distance,
- un soulagement rapide à l’arrêt,
- une réapparition lors de la reprise de la marche.
Ce schéma oriente vers une douleur liée à la charge et à la répétition.
Le rôle de la kinésithérapie dans l’augmentation de la tolérance
La kinésithérapie vise à améliorer la capacité du membre inférieur à supporter la marche sur des distances plus longues. Le travail porte sur la mobilité utile, l’endurance musculaire, la qualité des appuis, le contrôle neuromoteur et la proprioception lorsque cela est pertinent.
En améliorant ces paramètres, le seuil de tolérance recule progressivement. La distance de marche supportée sans douleur augmente, et la douleur liée à l’effort cumulé tend à diminuer de manière durable.
Ai-je bien compris?
Lorsque la douleur augmente avec la distance de marche, elle traduit souvent une limite de tolérance à l’effort. La répétition des appuis et la fatigue modifient progressivement la qualité du mouvement. Le repos soulage en supprimant la charge, mais la douleur revient si la capacité d’adaptation reste insuffisante. La kinésithérapie vise à améliorer cette tolérance afin d’augmenter progressivement la distance de marche confortable.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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