La marche comme geste répétitif et contraignant
La marche est un mouvement quotidien, souvent considéré comme automatique. Pourtant, elle représente une contrainte mécanique répétée pour le membre inférieur. Chaque pas implique une succession précise de phases au cours desquelles le poids du corps est absorbé, transféré puis propulsé vers l’avant.
Lorsque ce geste est efficace, les contraintes sont réparties de manière harmonieuse entre le pied, la cheville, le genou et la hanche. En revanche, lorsque la façon de marcher se modifie, certaines structures peuvent être davantage sollicitées, ce qui favorise l’apparition ou le maintien de la douleur.
Des adaptations souvent discrètes et inconscientes
La façon de marcher évolue fréquemment sans que cela soit perçu consciemment. Une douleur initiale, une période de fatigue, une perte de mobilité ou un changement d’activité peuvent entraîner des adaptations progressives du schéma de marche.
Ces adaptations peuvent concerner :
- la manière dont le pied prend appui au sol,
- la durée de l’appui sur un membre,
- l’orientation du genou pendant la marche,
- la participation de la hanche dans le contrôle de l’axe.
À court terme, ces ajustements permettent souvent de continuer à marcher. À long terme, leur répétition peut entretenir une surcharge locale.
Une répartition des contraintes modifiée
Lorsque la marche n’est plus optimale, la répartition des contraintes se modifie. Un appui plus rigide, une propulsion diminuée ou un contrôle moins précis de l’alignement peuvent transférer une part excessive de la charge vers une zone spécifique.
Le problème ne vient alors pas de la marche en elle-même, mais de la façon dont les forces sont absorbées et redistribuées. La douleur apparaît parce que certaines structures dépassent leur capacité de tolérance à la charge.
Pourquoi le repos soulage sans résoudre le problème
Le repos permet souvent une diminution temporaire de la douleur en réduisant la contrainte mécanique. Cependant, si la façon de marcher reste inchangée, la douleur tend à réapparaître dès la reprise de la marche.
Ce mécanisme se caractérise par :
- une amélioration nette au repos,
- une réapparition progressive à la marche,
- un lien clair avec la répétition des appuis,
- une douleur entretenue par le même schéma de mouvement.
Le rôle de la kinésithérapie dans l’analyse de la marche
La kinésithérapie s’intéresse à la marche dans sa globalité. L’analyse porte sur la qualité de l’appui, la mobilité articulaire, la stabilité du genou, le contrôle de la hanche et la coordination entre les segments du membre inférieur.
La rééducation vise à restaurer un schéma de marche plus efficace, capable de mieux répartir les charges. En améliorant la qualité du mouvement, la tolérance à l’effort augmente et la douleur tend à diminuer de manière plus durable.
Ai-je bien compris?
La façon de marcher peut expliquer des douleurs lorsqu’elle modifie la répartition des contraintes sur le membre inférieur. Des adaptations discrètes et répétées peuvent sursolliciter certaines zones. Le repos soulage en diminuant la charge, mais la douleur revient si la marche ne change pas. La kinésithérapie vise à analyser et améliorer le schéma de marche afin d’augmenter la tolérance à l’effort.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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