Comprendre pourquoi le repos complet n’est pas toujours la solution
Lorsqu’une lombalgie apparaît, le repos s’impose souvent comme une évidence. La douleur est interprétée comme le signe que le dos serait fragilisé ou « abîmé », et qu’il faudrait donc l’épargner. Pourtant, dans la majorité des lombalgies communes, cette logique atteint vite ses limites. Le bas du dos est une zone conçue pour bouger et s’adapter aux contraintes quotidiennes. Lorsque le mouvement disparaît complètement, la tolérance du dos a tendance à diminuer plutôt qu’à s’améliorer.
Dans beaucoup de situations, la douleur reflète surtout une sensibilité accrue du système musculo-squelettique face à des contraintes devenues momentanément trop importantes. Cette sensibilité peut apparaître après une fatigue accumulée, une modification du rythme de vie ou une reprise d’activité mal dosée, sans qu’une lésion grave soit en cause. Dans ce contexte, le repos total supprime certes les sollicitations, mais il prive aussi le dos des stimulations nécessaires à son adaptation.
Un repos relatif peut cependant être pertinent au début, notamment lorsque la douleur est très intense. Il s’agit alors de réduire temporairement certaines contraintes ciblées, sans supprimer toute activité.
- limiter provisoirement les efforts inhabituels ou très douloureux,
- éviter les charges lourdes ou les gestes brusques,
- conserver des déplacements et des mouvements tolérés,
- privilégier des activités qui n’augmentent pas nettement la douleur après coup.
Ce repos relatif vise à calmer la poussée douloureuse, pas à immobiliser durablement le dos.
Pourquoi bouger reste indispensable pour récupérer durablement
Lorsque le repos se prolonge, l’inactivité favorise la raideur, la perte d’endurance musculaire et une baisse du contrôle neuromoteur. Le corps perd progressivement sa capacité à ajuster les mouvements et à répartir les contraintes, ce qui peut rendre le dos sensible à des gestes de plus en plus simples. La proprioception, c’est-à-dire la capacité à percevoir et réguler finement le mouvement, devient moins efficace, et chaque effort est vécu comme plus coûteux.
Bouger ne signifie pas forcer ni ignorer la douleur. Bouger utilement consiste à maintenir une activité compatible avec la récupération et à réintroduire progressivement des contraintes adaptées. Le repère principal n’est pas la sensation pendant l’effort, mais la réaction après.
- une gêne légère à modérée, stable et transitoire est souvent acceptable,
- une douleur très vive ou durable après l’activité nécessite un ajustement,
- une modification importante de la façon de bouger est un signal à respecter,
- l’objectif est de doser volume, intensité et durée plutôt que d’arrêter.
Cette progression permet au dos de retrouver progressivement une meilleure tolérance. À court terme, elle aide à retrouver un fonctionnement quotidien acceptable ; à moyen terme, elle réduit le risque de récidive. L’enjeu n’est donc pas de choisir entre repos ou mouvement, mais d’ajuster en permanence le dosage en fonction de la tolérance du moment.
Ai-je bien compris?
Quand une lombalgie apparaît, le repos complet et prolongé n’est généralement pas nécessaire. Un repos relatif peut être utile au début si la douleur est intense, en réduisant temporairement certaines contraintes. En revanche, l’inactivité trop longue diminue la tolérance du dos et favorise la raideur. Bouger de façon progressive et adaptée aide le dos à récupérer et à mieux supporter les efforts. Le bon repère est la réaction après l’activité, plus que la sensation immédiate. L’objectif est de calmer la poussée puis de reconstruire progressivement la capacité du dos à bouger.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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