Lorsqu’un coureur s’entraîne régulièrement, la course à pied est souvent perçue comme suffisante pour entretenir la condition physique. Courir plusieurs fois par semaine sollicite de nombreux muscles et développe l’endurance. Pourtant, la question du renforcement musculaire revient fréquemment, notamment chez les coureurs qui souhaitent progresser, éviter les blessures ou maintenir une pratique durable dans le temps.
La course à pied sollicite les muscles de manière très spécifique. Elle repose sur des contractions répétées, le plus souvent à intensité modérée, dans des schémas de mouvement très stéréotypés. Ce mode de sollicitation développe certaines capacités, en particulier l’endurance musculaire, mais laisse parfois d’autres aspects moins stimulés. La force maximale, la stabilité, le contrôle du mouvement ou la capacité à encaisser des variations de charge ne sont pas toujours suffisamment travaillés par la course seule, même chez un coureur régulier.
Quand la course suffit… et quand elle atteint ses limites
Chez certains coureurs, cette spécialisation est parfaitement bien tolérée. Tant que la charge d’entraînement reste stable et que le corps s’adapte correctement, aucun problème n’apparaît. Dans ce contexte, le renforcement musculaire n’est pas une obligation. Beaucoup de coureurs pratiquent uniquement la course à pied pendant des années sans se blesser ni ressentir le besoin d’un travail complémentaire.
Cependant, lorsque la pratique évolue, certaines limites peuvent se révéler. Une augmentation du volume, une intensification des séances, un changement de terrain ou l’accumulation de fatigue modifient les contraintes imposées au corps. Les muscles, les tendons et les articulations doivent alors encaisser des charges plus importantes. Si certaines capacités sont insuffisantes, des compensations peuvent apparaître et augmenter le risque de douleur ou de blessure.
Dans ces situations, plusieurs éléments peuvent devenir plus sollicités :
- la force nécessaire pour encaisser l’impact,
- la stabilité lors des appuis,
- le contrôle du mouvement avec la fatigue,
- la tolérance des tissus aux contraintes répétées.
Le renforcement musculaire comme outil complémentaire
Le renforcement musculaire intervient alors comme un outil complémentaire à la course, et non comme un remplacement. Il vise à soutenir la pratique en améliorant certaines capacités qui ne sont pas toujours suffisamment développées par la course seule. Ce travail peut concerner des zones très sollicitées pendant la course, mais aussi des muscles jouant un rôle de stabilisation ou de contrôle, parfois peu sollicités dans le geste de courir.
Il est important de souligner que le renforcement musculaire ne signifie pas nécessairement suivre un programme lourd ou passer de longues heures en salle. Chez le coureur, il s’agit d’un travail ciblé, adapté au niveau et aux objectifs. Selon les situations, il peut prendre différentes formes :
- quelques exercices simples intégrés à la routine,
- un travail plus structuré en cas de difficultés à progresser,
- un soutien spécifique lorsque des douleurs répétées apparaissent,
- une adaptation lorsque la charge ou les contraintes augmentent.
Ainsi, faire du renforcement musculaire quand on court déjà régulièrement n’est pas une obligation, mais une option pertinente dans certains contextes. Son intérêt dépend de l’évolution de la pratique, des objectifs du coureur et de la manière dont son corps tolère les contraintes de l’entraînement.
Ai-je bien compris?
La course à pied développe surtout l’endurance musculaire, mais pas toujours toutes les capacités nécessaires sur le long terme. Le renforcement musculaire n’est pas indispensable pour tous les coureurs. Il devient intéressant lorsque la charge augmente ou que des fragilités apparaissent. Il sert à soutenir la pratique et à mieux tolérer les contraintes.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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