Lorsqu’une douleur cervicale apparaît, le réflexe le plus courant est d’éviter certains mouvements par crainte d’aggraver la situation. Tourner la tête, lever le regard ou effectuer des mouvements rapides deviennent parfois sources d’appréhension. Cette prudence est compréhensible, mais elle peut conduire à un évitement prolongé qui entretient la raideur et la douleur plutôt que de les soulager.
La douleur n’indique pas forcément un mouvement dangereux
Le cou est une région conçue pour bouger dans de nombreuses directions. Sa mobilité permet d’orienter la tête, de stabiliser le regard et de s’adapter aux activités quotidiennes. Lorsque la douleur s’installe, certaines amplitudes deviennent moins confortables. Cela ne signifie pas nécessairement que ces mouvements sont nocifs ou risqués.
Dans la majorité des cervicalgies, la douleur traduit une sensibilité accrue des structures, et non une fragilité mécanique. Éviter totalement certains mouvements peut alors réduire progressivement la tolérance du cou. Les tissus s’habituent moins à être sollicités, ce qui rend les gestes encore plus inconfortables lorsqu’ils doivent être réalisés.
Plusieurs mécanismes participent à ce cercle :
- diminution progressive de la mobilité,
- augmentation de l’appréhension face au mouvement,
- surcontrôle des gestes,
- abaissement du seuil de déclenchement de la douleur.
Ces adaptations sont fonctionnelles et réversibles, mais elles entretiennent la gêne si elles persistent.
La progressivité permet de restaurer la confiance dans le mouvement
Éviter certains mouvements ne signifie pas qu’il faille les supprimer durablement. La clé réside dans la progressivité. Un mouvement légèrement inconfortable mais contrôlé peut être acceptable s’il reste tolérable et si la douleur ne s’installe pas durablement après. À l’inverse, une douleur vive, brutale ou persistante nécessite une adaptation temporaire.
Le contexte joue également un rôle important. Un cou fatigué en fin de journée tolère moins certaines amplitudes qu’au début de la journée. Adapter le moment, la vitesse et la durée des mouvements est souvent plus pertinent que de les exclure.
Certains mouvements sont fréquemment redoutés, comme les rotations complètes ou l’extension du cou. Pourtant, ils font partie du fonctionnement normal cervical. Les réintroduire progressivement, avec une amplitude adaptée, permet de restaurer le contrôle neuromoteur et la proprioception, et d’améliorer la répartition des contraintes.
Quelques principes sont généralement utiles :
- privilégier des mouvements lents et fluides au départ,
- respecter la tolérance du moment,
- varier les amplitudes plutôt que rester figé,
- accepter une amélioration progressive.
L’objectif n’est pas de faire disparaître la douleur immédiatement, mais de redonner au cou la capacité de supporter le mouvement sans appréhension excessive.
Dans la majorité des cas, il n’est donc pas nécessaire d’éviter durablement certains mouvements quand on a mal au cou. L’enjeu est plutôt d’adapter l’amplitude, la vitesse et la fréquence des gestes, en respectant la tolérance du moment, afin de permettre au cou de retrouver progressivement sa capacité à bouger sans douleur excessive.
Ai-je bien compris?
Quand on a mal au cou, éviter totalement certains mouvements n’est généralement pas nécessaire. La douleur traduit souvent une sensibilité accrue plutôt qu’un danger. L’évitement prolongé peut entretenir la raideur. Des mouvements progressifs et adaptés aident le cou à retrouver de la tolérance. Forcer une douleur vive n’est pas souhaitable. La variété et la progressivité favorisent un meilleur confort cervical.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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