kinesport versailles, nos spécialités, kiné et pathologies du membre inférieur, Épine calcanéenne : pourquoi le talon fait mal surtout à la marche

La douleur attribuée à une épine calcanéenne se manifeste le plus souvent lors de la marche ou de la station debout prolongée. Le repos est généralement bien toléré, tandis que l’appui déclenche ou majore la douleur. Cette caractéristique s’explique par la manière dont le talon supporte la charge mécanique lors de la mise en appui.

Ce qu’est réellement une épine calcanéenne

L’épine calcanéenne correspond à une excroissance osseuse située sous le calcanéum, visible à l’imagerie. Il s’agit d’une réaction d’adaptation de l’os à des contraintes mécaniques répétées. Cette excroissance se forme progressivement, sur un temps long.

Un point essentiel doit être clairement posé :
l’épine calcanéenne n’est pas douloureuse en elle-même.
De nombreuses personnes présentent une épine sans jamais ressentir de douleur au talon.

La douleur apparaît lorsque les structures qui supportent la charge au niveau du talon sont sollicitées au-delà de leur capacité d’adaptation, dans un contexte où l’épine témoigne d’une contrainte mécanique prolongée.

Pourquoi la marche déclenche la douleur

Lors de la marche, le talon constitue le premier point de contact avec le sol. À chaque pas, il reçoit une part importante du poids du corps. Cette charge est transmise aux tissus situés sous le calcanéum, qui doivent absorber l’impact et stabiliser l’appui.

Lorsque la capacité de ces structures à supporter la charge est dépassée, la douleur apparaît principalement au moment de l’appui. Elle est donc directement liée à la mise en charge répétée, et non à la présence mécanique de l’épine osseuse.

Plusieurs éléments expliquent ce mécanisme :

Une douleur typiquement mécanique et dépendante de l’usage

La douleur liée à une épine calcanéenne varie souvent selon l’activité. Elle peut être marquée lors des premiers appuis, s’atténuer légèrement avec la poursuite de la marche, puis réapparaître lorsque la fatigue s’installe. Cette fluctuation est caractéristique d’une douleur dépendante de la charge.

Le repos soulage parce qu’il supprime la contrainte mécanique. Dès que la marche reprend, la douleur peut réapparaître si les conditions d’appui restent inchangées. Ce comportement confirme que la douleur est liée à l’usage du pied et à la répétition des appuis.

Le rôle de la fonction du pied

Le pied doit alterner entre amortissement et stabilité. Lorsque cette alternance est moins efficace, les contraintes se concentrent davantage sous le talon. Un pied trop rigide, une mobilité réduite ou un contrôle de l’appui moins précis peuvent majorer la charge locale au niveau du calcanéum.

Dans ce contexte, l’épine calcanéenne est le témoin osseux d’une contrainte chronique, tandis que la douleur traduit une limite de tolérance fonctionnelle à la mise en charge.

La place de la rééducation

La rééducation vise à améliorer la capacité du pied à supporter et répartir la charge. Elle s’intéresse à la qualité de l’appui, à la mobilité utile, au contrôle neuromoteur et à la tolérance progressive à la marche. En améliorant la fonction globale du pied, la contrainte locale sur le talon diminue et la douleur s’atténue progressivement.

Ai-je bien compris?

L’épine calcanéenne est une réaction osseuse liée à des contraintes mécaniques répétées, mais elle n’est pas douloureuse en elle-même. La douleur du talon apparaît surtout à la marche car le talon supporte directement la charge à chaque appui. Elle est liée à une limite de tolérance des structures sollicitées lors de la mise en charge. Le repos soulage en supprimant la contrainte, tandis que la rééducation vise à améliorer la fonction du pied et la répartition des charges pour réduire durablement la douleur.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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