La marche n’est jamais parfaitement symétrique
La marche repose sur une alternance entre les deux membres inférieurs. Même lorsque le mouvement paraît équilibré, il existe toujours de légères différences entre le côté droit et le côté gauche. Ces asymétries sont normales tant qu’elles restent bien tolérées.
Lorsque la douleur apparaît préférentiellement d’un côté, cela signifie généralement que la répartition des contraintes n’est plus équivalente. Un des membres supporte alors une charge plus importante ou gère moins efficacement les forces liées à la marche.
L’origine fonctionnelle des asymétries
Une asymétrie douloureuse ne résulte pas nécessairement d’une différence anatomique. Elle est le plus souvent liée à un fonctionnement différent entre les deux côtés. Une perte de mobilité, une fatigue musculaire, une ancienne adaptation ou un contrôle du mouvement moins précis peuvent suffire à modifier la manière dont un côté travaille par rapport à l’autre.
Ces différences fonctionnelles peuvent concerner :
- la mobilité de la cheville lors de l’appui,
- la stabilité du genou pendant la phase de soutien,
- la capacité de la hanche à contrôler l’axe du membre,
- la qualité de l’absorption des contraintes au contact du sol.
À force de répétition, ces écarts deviennent cliniquement significatifs.
La répétition amplifie les déséquilibres
La marche est un geste hautement répétitif. Une asymétrie modérée, lorsqu’elle est répétée des centaines de fois par jour, peut dépasser progressivement la tolérance à l’effort d’un côté. La douleur apparaît alors préférentiellement sur le membre le plus sollicité ou le moins efficace.
Cette situation explique pourquoi la douleur peut être absente au repos, mais se manifester clairement à la marche prolongée ou lors d’une station debout prolongée.
Pourquoi la douleur reste localisée à un seul côté
Lorsque la contrainte est mal répartie, le corps ne compense pas toujours de manière équilibrée. Un côté peut devenir dominant dans la gestion de l’effort, tandis que l’autre reste moins sollicité. La douleur se localise alors là où les contraintes s’accumulent.
On observe souvent :
- une douleur toujours du même côté,
- une apparition progressive à la marche,
- une amélioration partielle au repos,
- une réapparition rapide lors de la reprise de l’effort.
Cette localisation unilatérale oriente vers un mécanisme fonctionnel dépendant de la charge.
Le rôle de la kinésithérapie dans l’équilibrage du mouvement
La kinésithérapie s’attache à analyser les asymétries de marche de manière globale. L’observation porte sur la symétrie des appuis, la mobilité articulaire, la stabilité et le contrôle neuromoteur de chaque membre.
La rééducation vise à améliorer la tolérance à l’effort du côté le plus sollicité et à restaurer une répartition plus équilibrée des charges. En harmonisant le fonctionnement des deux membres inférieurs, la marche devient plus efficace et la douleur tend à diminuer durablement.
Ai-je bien compris?
La douleur qui apparaît surtout d’un côté à la marche s’explique souvent par une répartition inégale des contraintes entre les deux membres. Des asymétries fonctionnelles répétées peuvent sursolliciter un côté. Le repos soulage en réduisant la charge, mais la douleur revient si l’asymétrie persiste. La kinésithérapie vise à rééquilibrer le mouvement pour améliorer la tolérance à l’effort.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

La marche et les appuis : quand la façon de marcher entretient la douleur
La marche et les appuis : comprendre comment une modification du geste peut entretenir la douleur et comment la rééducation améliore la tolérance à la marche.





