L’usure comme trace répétée du mouvement
Les chaussures constituent un support privilégié pour observer la répétition du geste de marche. À chaque pas, le pied exerce des contraintes sur la semelle, qui s’accumulent progressivement au fil du temps. L’usure qui en résulte n’est donc pas le fruit d’un événement isolé, mais la conséquence d’un mouvement répété des milliers de fois.
Lorsque l’usure est relativement homogène, elle traduit généralement une répartition équilibrée des appuis. En revanche, une usure asymétrique ou localisée peut révéler une manière de marcher qui sollicite davantage certaines zones.
Une usure qui reflète la répartition des appuis
L’usure d’une chaussure correspond à la façon dont les forces sont transmises au sol. Un appui plus marqué sur l’avant-pied, le talon ou le bord interne ou externe de la semelle modifie la zone de friction et donc la zone d’usure.
Cette répartition dépend de plusieurs paramètres :
- la manière dont le pied entre en contact avec le sol,
- la mobilité de la cheville lors de l’avancée du tibia
- la stabilité du genou pendant l’appui,
- le contrôle de l’axe du membre inférieur par la hanche.
L’usure devient ainsi un reflet indirect du schéma de marche.
Ce que l’usure ne permet pas d’affirmer
Il est important de souligner que l’usure d’une chaussure ne constitue pas un diagnostic en soi. Elle ne permet pas d’identifier une pathologie précise ni de conclure à une anomalie structurelle. Elle indique simplement que certaines zones sont davantage sollicitées lors de la marche.
Une usure dite « anormale » ne signifie pas nécessairement que la marche est pathologique. Elle peut correspondre à une adaptation fonctionnelle, parfois ancienne, parfois liée à une fatigue, une perte de mobilité ou une modification progressive du geste.
Le lien entre usure et douleur
Lorsque l’usure traduit une répartition des appuis moins efficace, les contraintes peuvent se concentrer sur certaines structures. À long terme, cette répétition peut dépasser la tolérance à l’effort du membre inférieur et favoriser l’apparition de douleurs, notamment au pied, au genou ou plus haut dans la chaîne.
On retrouve souvent :
- une usure marquée toujours au même endroit,
- une douleur apparaissant surtout à la marche ou à l’effort,
- une amélioration partielle au repos,
- une réapparition rapide lors de la reprise de la marche.
L’usure n’est pas la cause directe de la douleur, mais un indice du schéma mécanique sous-jacent.
L’intérêt de l’analyse en kinésithérapie
En kinésithérapie, l’observation des chaussures peut compléter l’analyse globale de la marche. Elle s’intègre dans une évaluation plus large incluant la mobilité, la stabilité, le contrôle neuromoteur et la proprioception.
La rééducation vise à améliorer la qualité du mouvement et la répartition des charges. À mesure que la marche devient plus efficace, les contraintes se répartissent mieux, la tolérance à l’effort augmente et les douleurs tendent à diminuer durablement.
Ai-je bien compris?
L’usure des chaussures reflète la manière dont les appuis sont répétés lors de la marche. Une usure localisée peut indiquer une répartition des charges moins équilibrée, sans constituer un diagnostic. Cette répétition peut favoriser des douleurs lorsque la tolérance à l’effort est dépassée. La kinésithérapie analyse la marche dans sa globalité afin d’améliorer la répartition des contraintes et la tolérance à l’effort.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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