Douleur et décisions de mouvement
Lorsqu’une arthrose est diagnostiquée, la douleur devient souvent le principal repère dans la prise de décision. Beaucoup de patients associent spontanément l’apparition de la douleur à une aggravation directe de la maladie et réduisent leurs mouvements par crainte d’« abîmer » davantage leur articulation. Cette réaction est compréhensible, mais elle n’est pas favorable sur le plan fonctionnel.
Dans l’arthrose, ce n’est pas uniquement l’état du cartilage qui détermine l’évolution des symptômes. La manière dont l’articulation est sollicitée au quotidien joue un rôle déterminant dans la tolérance à l’effort, la mobilité et la persistance de la douleur.
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Les effets délétères de la sédentarité
La sédentarité entraîne progressivement une perte de mobilité, une diminution de la force musculaire et une altération du contrôle du mouvement. Or, les muscles entourant une articulation arthrosique jouent un rôle essentiel de protection. Lorsqu’ils s’affaiblissent, les contraintes mécaniques sont moins bien réparties et se concentrent davantage sur certaines zones articulaires déjà fragilisées.
Cette surcharge locale entretient la douleur, augmente la fatigue articulaire et favorise une limitation croissante des activités. L’inactivité ne freine donc pas l’arthrose. Elle participe au contraire à l’aggravation de la gêne fonctionnelle et à la perte d’autonomie :
- diminution de la force musculaire
- augmentation de la raideur
- moins bonne répartition des contraintes
- majoration de la douleur à l’effort
Le rôle fonctionnel du mouvement
Le mouvement adapté joue un rôle central dans le fonctionnement articulaire. Même si l’activité physique ne permet pas de stopper l’évolution biologique de l’arthrose, elle contribue à ralentir son retentissement fonctionnel. Les mouvements réguliers favorisent la circulation du liquide synovial au sein de l’articulation.
Ce liquide est indispensable au bon glissement articulaire et aux échanges nécessaires au maintien des propriétés mécaniques du cartilage restant. En l’absence de mouvement, ces échanges sont moins efficaces, ce qui accentue la raideur et la perte de confort articulaire.
Activité physique et renforcement musculaire
L’activité physique agit également par le renforcement musculaire. Des muscles plus forts et mieux coordonnés absorbent une partie des contraintes exercées sur l’articulation et améliorent la stabilité lors des gestes du quotidien. Cette meilleure répartition des charges permet de diminuer les contraintes délétères sur les surfaces articulaires.
Le renforcement musculaire ne vise pas la performance. Il a pour objectif la sécurité, la tolérance à l’effort et la durabilité du mouvement. En améliorant la capacité musculaire, l’articulation devient plus stable et plus tolérante aux sollicitations répétées.
Adapter l’activité plutôt que l’interrompre
Bouger avec une arthrose ne signifie ni ignorer la douleur ni forcer malgré elle. L’enjeu est d’adapter l’activité plutôt que de l’interrompre. Lorsque la douleur augmente, il est souvent plus pertinent de moduler l’intensité, de varier les mouvements ou de fractionner les efforts que de s’arrêter complètement.
Cette continuité du mouvement permet de préserver les capacités fonctionnelles et d’éviter les phases de déconditionnement, particulièrement délétères dans l’arthrose. L’arrêt prolongé des activités rend chaque reprise plus difficile et plus coûteuse sur le plan articulaire.
Maintenir l’autonomie au quotidien
L’activité physique adaptée constitue un levier majeur pour maintenir l’autonomie. Marcher, se lever, monter des escaliers, porter des charges légères ou pratiquer des loisirs restent possibles lorsque le mouvement est entretenu de manière cohérente.
Même si l’arthrose continue d’évoluer sur le plan structurel, une articulation sollicitée intelligemment conserve plus longtemps sa fonction, sa stabilité et sa tolérance à l’effort. La rééducation accompagne cette démarche en aidant le patient à comprendre ses limites, à choisir les bonnes stratégies de mouvement et à rester actif dans la durée.
Ai-je bien compris ?
Dans l’arthrose, réduire excessivement les mouvements favorise la raideur, la perte de force musculaire et une mauvaise répartition des contraintes. Le mouvement adapté entretient le fonctionnement articulaire et favorise la circulation du liquide synovial, essentielle au confort articulaire. L’activité physique régulière renforce les muscles stabilisateurs et améliore la tolérance à l’effort. Adapter l’activité permet de préserver la mobilité et l’autonomie malgré l’évolution de l’arthrose.
Article proposé par l’équipe du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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