La tendinopathie d’Achille fait partie des douleurs les plus souvent observées chez les sportifs qui courent ou réalisent des sauts répétés. Cette fréquence ne signifie pas que ce tendon serait fragile par nature. Elle s’explique surtout par le rôle mécanique essentiel qu’il joue dans la propulsion et par le type de contraintes propres à la course et aux sports explosifs.
Le rôle mécanique du tendon d’Achille dans la propulsion
Le tendon d’Achille relie les muscles du mollet à l’arrière du pied. À chaque appui, il transmet la force produite par ces muscles vers le sol afin de permettre l’avancée du corps. Dans la course et le saut, ce rôle devient particulièrement important.
Lorsqu’un pied touche le sol, l’ensemble muscle-tendon du mollet se met en tension. Une partie de l’énergie liée à l’impact est temporairement stockée, puis restituée au moment de l’impulsion suivante. Ce mécanisme contribue à l’efficacité du mouvement, mais il implique aussi des contraintes élevées et répétées sur le tendon.
Selon la vitesse, le terrain ou l’intensité de l’effort, le tendon peut être soumis à :
- des forces importantes lors de chaque appui,
- une mise en tension rapide à l’atterrissage,
- une restitution énergique lors de la poussée,
- une répétition très fréquente de ces cycles au cours d’un entraînement.
Plus le geste est dynamique, plus ces contraintes se rapprochent les unes des autres dans le temps. Le tendon est alors sollicité de manière continue.
La répétition des contraintes dans la course et le saut
La course à pied implique un enchaînement d’appuis pouvant se compter par milliers au cours d’une seule séance. Chaque appui correspond à une alternance entre absorption de charge et propulsion. Même si chaque contrainte isolée reste compatible avec le fonctionnement normal du tendon, leur accumulation progressive augmente la charge globale reçue.
Certaines situations peuvent majorer cette sollicitation :
- une augmentation rapide du volume d’entraînement,
- l’introduction d’efforts plus intenses ou de travail en côte,
- des changements de surface ou de matériel,
- une reprise après une période d’arrêt.
Le tendon a une capacité d’adaptation réelle. Exposé à une charge progressive et cohérente, il peut renforcer sa tolérance. En revanche, si la charge augmente plus vite que cette capacité d’adaptation, la tolérance du tendon peut être dépassée à un moment donné. La douleur apparaît alors comme un signal de surcharge relative, sans qu’il soit nécessaire qu’une rupture ou une lésion aiguë soit présente.
Adaptation à la charge et contrôle du mouvement
La fréquence des tendinopathies d’Achille s’explique aussi par la manière dont les forces sont réparties lors de l’appui. La coordination entre cheville, genou et hanche influence la gestion de la charge. Un contrôle neuromoteur moins efficace peut modifier la répartition des contraintes au niveau de la cheville et du tendon.
Cela ne signifie pas qu’un mouvement serait « mauvais », mais que certaines configurations mécaniques peuvent exposer davantage le tendon lorsque les contraintes se répètent intensément.
Ainsi, la tendinopathie d’Achille est fréquente chez le sportif principalement parce que ce tendon occupe une place centrale dans la propulsion, qu’il est soumis à des contraintes élevées et répétées, et que son adaptation dépend du rythme de progression de la charge. La douleur correspond le plus souvent à une inadéquation temporaire entre ce que le tendon reçoit et ce qu’il est capable de tolérer à ce moment précis.
Ai-je bien compris?
Le tendon d’Achille est très sollicité dans la course et les sports de saut parce qu’il transmet et restitue la force à chaque appui. Ces contraintes se répètent des milliers de fois lors d’un entraînement. Le tendon peut s’adapter à la charge, mais seulement si la progression reste cohérente. Si la charge augmente trop vite ou devient plus intense, sa capacité de tolérance peut être dépassée temporairement. La douleur correspond alors le plus souvent à une surcharge fonctionnelle, fréquente dans les activités de propulsion répétée.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Pathologies du sportif : comprendre, traiter et accompagner la récupération
Pathologies du sportif : comprendre les mécanismes des blessures, leur prise en charge en kinésithérapie du sport et les étapes essentielles pour un retour durable à la pratique physique.





