Modification du tonus musculaire après un accident vasculaire cérébral
Après un accident vasculaire cérébral, certaines personnes constatent une modification du tonus musculaire. Les muscles peuvent devenir plus raides, plus difficiles à contrôler ou se contracter de manière involontaire lors de certains mouvements. Cette manifestation, appelée spasticité, est fréquente après un AVC et peut impacter les gestes du quotidien, la posture et les déplacements. Cette raideur peut apparaître progressivement ou être plus marquée dans certaines situations, ce qui rend son vécu parfois déroutant pour le patient. La rééducation vise avant tout à comprendre cette raideur et à en limiter les conséquences fonctionnelles, afin de préserver l’autonomie dans la vie quotidienne.
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Origine neurologique et manifestations variables de la spasticité
La spasticité correspond à une augmentation anormale du tonus musculaire liée à une atteinte du système nerveux central. Elle ne se manifeste pas toujours de la même façon. Chez certaines personnes, elle apparaît surtout lors de l’effort, chez d’autres lors de mouvements rapides ou dans certaines positions. Elle peut concerner le bras, la jambe ou les deux, et varier d’un moment à l’autre. Cette variabilité explique pourquoi la spasticité est parfois difficile à anticiper et à gérer au quotidien, aussi bien pour le patient que pour son entourage.
Conséquences fonctionnelles de la spasticité dans les gestes du quotidien
Sur le plan fonctionnel, la spasticité peut gêner la réalisation des gestes du quotidien. Un muscle trop raide peut limiter l’amplitude du mouvement, perturber la coordination ou rendre certaines actions plus fatigantes. Elle peut également favoriser l’apparition de compensations, qui permettent de réaliser un geste mais au prix d’un effort supplémentaire ou d’une perte de fluidité.
- limitation de l’amplitude du mouvement
- perturbation de la coordination gestuelle
- augmentation de la fatigabilité
- apparition de compensations fonctionnelles
La rééducation ne cherche pas à supprimer totalement la spasticité, mais à aider le patient à mieux composer avec elle dans les activités de la vie quotidienne, en recherchant des gestes efficaces et reproductibles.
Une approche de rééducation progressive et adaptée à chaque patient
La rééducation s’appuie sur une approche progressive et adaptée. Le travail vise à maintenir des amplitudes articulaires fonctionnelles, à améliorer la qualité du mouvement et à limiter l’installation de raideurs gênantes. Les exercices sont choisis en fonction des capacités du moment, de la fatigue et des situations rencontrées par le patient dans sa vie quotidienne. La lenteur, le contrôle et l’adaptation du geste sont des éléments importants pour éviter de déclencher ou d’aggraver la raideur musculaire, tout en favorisant une meilleure organisation du mouvement.
Rôle de la posture et de l’organisation globale du mouvement
La posture et l’organisation globale du mouvement jouent également un rôle important dans la gestion de la spasticité. Une posture mal contrôlée ou un déséquilibre du tronc peut accentuer les tensions musculaires et rendre certains gestes plus difficiles à réaliser. La rééducation prend donc en compte l’ensemble du corps, et pas uniquement le muscle concerné.
- influence de la posture sur le tonus musculaire
- rôle de la stabilité et du contrôle du tronc
- impact de l’organisation globale du mouvement
En améliorant la stabilité et la coordination, il devient possible de réduire l’impact fonctionnel de la spasticité et de faciliter la réalisation des gestes du quotidien.
Observer et adapter la prise en charge de la spasticité en rééducation
Le rôle du kinésithérapeute est d’observer comment la spasticité se manifeste dans les gestes du quotidien, d’identifier les situations qui la majorent et d’adapter le travail en conséquence. Il accompagne le patient dans l’apprentissage de stratégies permettant de réaliser les gestes de manière plus fluide et plus efficace, sans chercher à forcer le mouvement. Cette observation fine permet d’ajuster la rééducation aux besoins réels du patient et à son environnement de vie.
Évolution possible de la spasticité au fil du temps
La spasticité après un AVC peut évoluer dans le temps et varier selon les conditions. La fatigue, le contexte, l’environnement ou certaines positions peuvent influencer son intensité. Ces variations sont prises en compte dans la rééducation, qui s’inscrit dans une démarche d’adaptation continue, centrée sur la fonction et l’autonomie, afin d’aider le patient à rester acteur de ses mouvements malgré la présence de cette raideur.
Objectifs fonctionnels de la rééducation face à la spasticité après un AVC
En rééducation neurologique, l’objectif n’est pas d’éliminer totalement la spasticité, mais de permettre au patient de rester acteur de ses mouvements et de ses activités malgré cette raideur musculaire.
- maintenir des gestes fonctionnels
- s’adapter aux capacités du moment
- préserver l’autonomie au quotidien
- favoriser la participation aux activités de la vie quotidienne
- limiter l’impact fonctionnel de la spasticité
La rééducation accompagne cette adaptation en plaçant toujours la fonction et l’utilité au cœur du travail, sans rechercher la perfection gestuelle mais une efficacité compatible avec la vie quotidienne.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, la spasticité correspond à une raideur musculaire liée à une atteinte du système nerveux. Elle peut varier selon les situations et gêner les gestes du quotidien. La rééducation vise à en limiter l’impact fonctionnel par un travail progressif, centré sur la qualité du mouvement, la posture et l’autonomie, sans chercher à supprimer totalement cette raideur.
Article proposé par l’équipe des kinésithérapeutes du centre Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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