Comprendre ce qui provoque la raideur
Après un AVC, la raideur musculaire est liée à la spasticité. Il s’agit d’une altération du contrôle exercé par le cerveau sur certains réflexes musculaires. Habituellement, le cerveau module en permanence l’activité réflexe issue du muscle et de la moelle épinière. Lorsque ce rétrocontrôle est perturbé, les réflexes d’étirement deviennent excessivement actifs.
Le muscle concerné peut alors se contracter de manière excessive ou opposer une résistance lorsqu’il est mobilisé. Chez un patient donné, cette spasticité concerne le plus souvent les mêmes groupes musculaires, même si son intensité peut varier.
Cette hyperactivité réflexe constitue la base neurologique de la raideur.
Agir sur la manière de bouger
La façon dont le mouvement est réalisé influence l’expression de la spasticité. Les mouvements rapides ou brusques tendent à majorer la réponse réflexe. À l’inverse, un geste progressif et organisé peut en limiter l’intensité.
Certaines adaptations peuvent aider :
- privilégier des mouvements lents et préparés
- stabiliser le tronc avant de mobiliser le membre
- éviter les étirements rapides ou forcés
- anticiper les changements de position
Il ne s’agit pas de lutter contre le muscle, mais de réduire les situations qui favorisent l’hyperactivité réflexe.
Rôle des étirements et entretien des amplitudes
Les étirements réguliers des chaînes musculaires spastiques permettent de maintenir des amplitudes articulaires fonctionnelles et de limiter les rétractions. Ils peuvent diminuer temporairement la résistance musculaire et améliorer la souplesse perçue.
En revanche, ils ne modifient pas durablement le mécanisme neurologique de la spasticité. Leur rôle est mécanique et fonctionnel, plus que central.
La fatigue et le contexte postural peuvent également influencer la raideur. Adapter le rythme des activités et respecter les temps de récupération participe à en limiter l’impact.
Quand envisager un avis médical
Lorsque la spasticité devient très marquée ou qu’elle limite fortement les gestes du quotidien, des options médicales existent. Il peut alors être pertinent d’en parler au neurologue afin d’évaluer les solutions adaptées.
- signaler une gêne fonctionnelle importante
- décrire les situations les plus problématiques
- évaluer l’impact sur l’autonomie
- discuter des possibilités thérapeutiques
Limiter la raideur musculaire repose donc sur une combinaison d’organisation du mouvement, d’entretien articulaire et, si nécessaire, d’une prise en charge médicale adaptée.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, la raideur musculaire est liée à la spasticité, c’est-à-dire à une perte partielle du contrôle du cerveau sur certains réflexes musculaires. Les muscles concernés deviennent plus sensibles à l’étirement et peuvent résister au mouvement. Les gestes rapides ou mal organisés peuvent accentuer cette réaction. Les étirements réguliers aident à maintenir les amplitudes et peuvent diminuer temporairement la sensation de raideur, sans modifier le mécanisme neurologique de fond. Adapter la posture, la vitesse des gestes et la gestion de la fatigue contribue à limiter son impact. Lorsque la gêne est importante, un avis médical peut être nécessaire.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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