Une organisation du mouvement moins économique
Dans la maladie de Parkinson, le système nerveux qui module automatiquement l’amplitude, la vitesse et la fluidité des gestes fonctionne différemment. Le mouvement reste possible, mais son réglage interne est moins précis. Cette modification influence ce que l’on appelle l’économie motrice, c’est-à-dire la capacité à produire un geste efficace sans mobiliser une énergie excessive.
Deux mécanismes principaux expliquent surtout cette impression d’effort accru :
- la bradykinésie : le geste s’exécute plus lentement, comme si sa mise en action demandait plus de temps
- l’hypokinésie : l’amplitude du geste diminue automatiquement, le mouvement sort plus petit que prévu
D’autres éléments peuvent majorer cette sensation :
- une rigidité qui limite la fluidité du déplacement
- une diminution de l’automaticité, qui oblige à mobiliser davantage l’attention
Le geste est bien initié, mais il demande davantage de contrôle volontaire pour atteindre le même résultat. Cette mobilisation accrue peut être perçue comme un effort supplémentaire.
Rigidité et augmentation du tonus de base
La rigidité, fréquente dans la maladie de Parkinson, correspond à une augmentation constante du tonus musculaire. Les segments corporels deviennent moins libres dans leurs déplacements. Les transitions entre les positions sont moins fluides et les amplitudes spontanées diminuent.
Concrètement, cela peut se traduire par :
- des mouvements plus segmentés,
- une sensation de résistance interne lors du déplacement,
- une coordination moins spontanée entre les différentes parties du corps,
- une nécessité d’accentuer volontairement certains gestes.
Même si la force musculaire n’est pas nécessairement altérée, le mouvement est mécaniquement moins souple. Cette moindre fluidité augmente la dépense énergétique nécessaire pour accomplir une action simple.
Un recours plus important au contrôle volontaire
Lorsque l’automaticité diminue, le mouvement repose davantage sur l’attention consciente. Or, un geste qui demande une régulation volontaire constante sollicite davantage les ressources cognitives. Cette mobilisation supplémentaire contribue à la sensation d’effort.
Le mouvement n’est donc pas seulement plus lent ou plus petit ; il est aussi moins automatique. Cette combinaison explique pourquoi certaines actions du quotidien peuvent sembler plus coûteuses qu’auparavant.
L’objectif de la rééducation : préserver l’efficacité du geste
La rééducation s’appuie sur ces mécanismes. Le travail porte sur l’amplitude, la coordination et la continuité du mouvement. L’objectif est d’entretenir une organisation motrice suffisamment fluide pour limiter la dépense énergétique inutile.
Il ne s’agit pas de transformer la nature de la maladie, mais de maintenir des gestes fonctionnels, organisés et utilisables dans les situations concrètes du quotidien.
Ai-je bien compris?
Dans la maladie de Parkinson, les mouvements peuvent demander plus d’effort parce que le système qui règle automatiquement l’amplitude et la fluidité fonctionne différemment. Les gestes deviennent plus lents et souvent plus petits. La rigidité augmente la tension de base des muscles et réduit la souplesse du mouvement. L’automaticité diminue, ce qui oblige à mobiliser davantage d’attention pour agir. Cette combinaison rend les actions moins économiques, même si la force musculaire n’est pas forcément diminuée. La rééducation vise à entretenir une organisation du mouvement plus efficace afin de limiter cette sensation d’effort au quotidien.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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