La boiterie est une manifestation fréquente de l’arthrose de la hanche. Elle apparaît souvent progressivement, parfois même avant que la douleur ne devienne très intense. Si elle peut sembler inquiétante, elle ne traduit pas une dégradation brutale de l’articulation. En revanche, elle ne doit pas être considérée comme une solution durable. La boiterie correspond à une adaptation du mouvement, compréhensible à court terme, mais défavorable si elle persiste.
Une adaptation de la marche pour limiter une contrainte mal tolérée
À chaque pas, la hanche supporte une charge élevée liée au poids du corps et au déplacement. Lorsque l’articulation arthrosique tolère moins bien cette contrainte, le système moteur ajuste automatiquement la marche afin de réduire ce stress local. L’appui sur le côté douloureux devient plus court et moins stable, ce qui modifie l’équilibre global de la marche.
Cette adaptation se manifeste notamment par :
- une diminution du temps passé sur la hanche douloureuse,
- un transfert du poids plus rapide vers l’autre jambe,
- une asymétrie progressive entre les deux pas.
Ces ajustements ne sont ni volontaires ni conscients. Ils permettent de continuer à marcher malgré une articulation moins tolérante, mais ils modifient la répartition des charges dans l’ensemble du corps.
Un contrôle musculaire et sensoriel moins efficace autour de la hanche
La marche repose sur un contrôle précis du bassin à chaque appui unipodal. Ce contrôle dépend de la coordination des muscles fessiers et de la qualité des informations proprioceptives issues de l’articulation. En cas d’arthrose de la hanche, cette régulation devient moins fiable.
La hanche informe moins bien le système nerveux sur sa position et sa stabilité. Le contrôle neuromoteur perd en finesse, ce qui favorise une bascule du bassin ou un déplacement du tronc lors de l’appui. La boiterie reflète alors une altération du contrôle du mouvement, et non un simple manque de force isolé.
Plusieurs conséquences apparaissent progressivement :
- une augmentation des contraintes sur l’autre hanche et le rachis,
- une dépense énergétique plus élevée à la marche,
- une fixation d’un schéma moteur moins efficace.
À moyen terme, cette stratégie d’adaptation devient coûteuse et entretient les déséquilibres.
Une stratégie compréhensible, mais non souhaitable dans la durée
La boiterie peut persister même lorsque la douleur diminue, car le corps a intégré ce schéma comme plus sécurisant. Pourtant, ce mode de marche n’est pas protecteur à long terme. Il déplace les contraintes vers d’autres structures et limite la récupération fonctionnelle.
Ainsi, la boiterie n’est ni une erreur volontaire, ni une solution. Elle constitue un signal fonctionnel indiquant que la hanche ne gère plus la charge de façon optimale. L’enjeu n’est pas de la forcer à disparaître, mais de retrouver progressivement un appui plus symétrique et mieux contrôlé, afin d’éviter l’installation durable de compensations.
Ai-je bien compris?
La boiterie liée à l’arthrose de la hanche apparaît parce que l’articulation tolère moins bien certaines contraintes de la marche. Le corps modifie alors automatiquement l’appui pour limiter ce stress. Cette adaptation est compréhensible et fréquente, même lorsque la douleur reste modérée. Elle s’accompagne d’un contrôle musculaire et proprioceptif moins précis autour du bassin. En revanche, si la boiterie persiste, elle devient défavorable car elle augmente les contraintes ailleurs et entretient un schéma de marche inefficace. La boiterie est donc un signal fonctionnel, pas une solution durable.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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