Chez le sportif, la douleur tendineuse apparaît rarement de manière brutale. Elle s’installe le plus souvent progressivement, parfois sur plusieurs semaines, avant de devenir réellement gênante. Cette évolution lente n’est pas anodine. Elle s’explique par le rôle du tendon, par sa vitesse d’adaptation et par la manière dont la charge s’accumule au fil de l’entraînement.
Le tendon assure la transmission de la force produite par le muscle vers l’os. Il est capable de supporter des contraintes élevées, mais son adaptation est plus lente que celle du muscle. Lorsque l’entraînement est régulier et cohérent, le tendon peut progressivement augmenter sa tolérance. En revanche, lorsque la charge évolue plus vite que sa capacité d’adaptation, un déséquilibre s’installe.
Une accumulation de contraintes souvent silencieuse
Chez le sportif, l’augmentation de la charge ne se fait pas toujours de manière évidente. Une reprise après une pause, une hausse du volume, l’ajout de séances intensives ou un changement de surface peuvent sembler bien tolérés au départ. Pourtant, lorsque plusieurs paramètres augmentent simultanément, la contrainte cumulée sur le tendon devient progressivement excessive.
Plusieurs situations favorisent cette accumulation :
- une augmentation rapide du volume ou de l’intensité,
- une reprise trop directe après une période d’arrêt,
- l’ajout de gestes explosifs ou pliométriques,
- une récupération insuffisante entre les séances.
Dans ces conditions, le tendon peut « encaisser » un temps avant de devenir progressivement plus sensible.
Le rôle de la récupération et de la fatigue
Le tendon a besoin de temps pour s’adapter à une nouvelle charge. Si les sollicitations se répètent sans récupération suffisante, sa tolérance diminue transitoirement. Il devient alors réactif à des contraintes qui étaient auparavant bien supportées.
La fatigue joue un rôle important dans ce processus. Lorsqu’elle s’installe, le contrôle neuromoteur et la proprioception deviennent moins précis. Les phases exigeantes du geste sportif, notamment les freinages et les contractions excentriques, sont alors moins bien maîtrisées, ce qui augmente la contrainte locale sur le tendon.
Certains signes accompagnent souvent cette évolution :
- une douleur au démarrage de l’effort,
- une amélioration transitoire pendant l’activité,
- une gêne après la séance ou le lendemain,
- une raideur matinale plus marquée.
Une douleur liée à la tolérance plus qu’à la structure
Il est important de comprendre que douleur et aspect structurel ne sont pas toujours corrélés. Un tendon peut présenter des modifications visibles sans être douloureux, et inversement. Dans de nombreux cas, la douleur traduit surtout une sensibilité accrue et une tolérance diminuée à la charge, plutôt qu’une lésion brutale.
Lorsque la charge reste trop élevée, la douleur apparaît plus tôt, dure plus longtemps et devient plus limitante. À l’inverse, lorsque la charge est ajustée, l’évolution se fait dans le sens inverse : apparition plus tardive, intensité moindre et récupération plus rapide.
Ai-je bien compris?
La douleur tendineuse apparaît progressivement car le tendon s’adapte lentement aux charges. Une augmentation trop rapide de l’entraînement peut dépasser sa tolérance. La récupération insuffisante et la fatigue réduisent sa capacité à encaisser certaines contraintes. La douleur évolue souvent par étapes selon la réaction à la charge. Elle reflète surtout une tolérance diminuée plutôt qu’une lésion brutale. Ajuster la charge permet souvent de faire évoluer les symptômes favorablement.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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