Il est fréquent de constater que la douleur du dos ou du cou s’atténue avec le temps, alors que la mobilité reste limitée. Cette situation peut être déroutante : on s’attend souvent à retrouver automatiquement des mouvements amples dès que la douleur baisse. Pourtant, la mobilité ne dépend pas uniquement de l’intensité douloureuse. Elle résulte d’adaptations progressives du corps, qui peuvent persister même lorsque l’inconfort diminue.
Des adaptations qui persistent après la phase douloureuse
Lorsque la douleur est présente pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, le corps modifie sa façon de bouger. Certains gestes sont évités, les amplitudes sont réduites et le mouvement devient plus prudent. Ces stratégies sont utiles à court terme pour limiter la douleur, mais elles peuvent restreindre durablement la mobilité si elles ne sont pas progressivement réajustées.
Les tissus autour de la colonne s’adaptent à cette diminution de sollicitation. Les muscles, les capsules articulaires et les fascias peuvent devenir temporairement moins souples lorsqu’ils ne sont plus mobilisés dans certaines amplitudes. Cette perte de mobilité n’est pas une lésion, mais une adaptation réversible à une utilisation réduite.
Plusieurs éléments peuvent expliquer ce décalage entre douleur et mobilité :
- persistance d’habitudes de mouvement prudentes,
- réduction prolongée de certaines amplitudes,
- manque de variété dans les sollicitations,
- récupération incomplète du contrôle du mouvement.
Même lorsque la douleur diminue, ces adaptations peuvent rester en place si le mouvement n’est pas réintroduit de façon ciblée.
Le rôle du système nerveux et de la qualité du mouvement
Le système nerveux intervient également. Après une période douloureuse, certains mouvements peuvent rester associés à une anticipation de gêne. Cette anticipation limite inconsciemment l’amplitude ou la fluidité du geste. Le mouvement est possible, mais il est freiné par prudence. Le contrôle neuromoteur et la proprioception ne sont pas encore pleinement réorganisés pour répartir les contraintes de façon optimale.
Il est fréquent que la limitation concerne certaines directions plus que d’autres. Une flexion peut être confortable, alors qu’une rotation ou une extension reste difficile. Cette sélectivité montre que la mobilité ne se rétablit pas de manière globale, mais qu’elle se reconstruit de façon spécifique, en fonction des mouvements peu sollicités pendant la phase douloureuse.
La diminution de la douleur peut donner l’impression que « le plus dur est passé ». Pourtant, la récupération des amplitudes nécessite souvent un temps supplémentaire. Douleur et mobilité n’évoluent pas toujours au même rythme. La mobilité demande une exposition progressive, répétée et cohérente au mouvement.
Il n’est généralement ni nécessaire ni souhaitable de forcer. La mobilité se restaure plus efficacement lorsque les mouvements sont réintroduits dans des amplitudes tolérées, puis élargies progressivement. La qualité du geste compte autant que l’amplitude maximale : coordination, fluidité et absence d’appréhension sont des éléments centraux.
Concrètement, le manque de mobilité malgré la diminution de la douleur s’explique par des adaptations persistantes du corps et du système nerveux.
La mobilité revient lorsque le mouvement est retravaillé de façon progressive, ciblée et régulière, au-delà de la simple disparition de la douleur.
Ai-je bien compris?
La mobilité peut rester limitée même quand la douleur diminue. Le corps a adapté sa façon de bouger pendant la phase douloureuse. Les tissus deviennent moins souples s’ils sont peu sollicités. Le système nerveux peut freiner certains gestes par prudence. Douleur et mobilité n’évoluent pas au même rythme. Une reprise progressive et ciblée du mouvement permet de retrouver des amplitudes plus fluides.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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