kinesport versailles, nos spécialités, kiné du dos, L’inactivité peut-elle aggraver un mal de dos

Lorsque le dos devient douloureux, réduire ses mouvements est un réflexe courant. Cette attitude vise souvent à protéger la zone sensible et à éviter les gestes perçus comme déclencheurs. À court terme, cette diminution d’activité peut sembler logique et parfois soulageante. Le problème apparaît lorsque cette stratégie s’installe dans la durée et se transforme en inactivité prolongée.
Le dos est une structure conçue pour bouger. Lorsqu’il est peu sollicité, il ne se détériore pas, mais il peut progressivement perdre certaines capacités fonctionnelles. Cette perte n’est pas immédiate, ni irréversible, mais elle peut rendre le système moins apte à supporter les contraintes habituelles de la vie quotidienne. Des activités pourtant simples peuvent alors redevenir difficiles ou douloureuses, donnant l’impression que le dos « s’aggrave ».

Moins bouger modifie le fonctionnement du dos

Un premier effet de l’inactivité concerne l’endurance musculaire. Les muscles du tronc, du bassin et des hanches jouent un rôle important dans le contrôle du mouvement. Lorsqu’ils sont moins sollicités, leur endurance diminue rapidement. Ils fatiguent plus tôt, ce qui amène souvent le corps à adopter des stratégies de raideur pour se stabiliser. Cette rigidité peut donner une sensation de blocage ou de tiraillement, même lors de gestes banals.
Le manque de variété de mouvement est un autre élément clé. Un dos maintenu longtemps dans des positions similaires perd temporairement de sa souplesse fonctionnelle. Cette raideur n’est pas forcément pathologique, mais elle rend les premiers mouvements plus coûteux. Lorsque cette immobilité se répète jour après jour, un cercle peut s’installer : on bouge moins parce que l’on se sent raide, et la raideur augmente parce que le mouvement est évité.

Plusieurs signes traduisent cette perte progressive de tolérance :

L’inactivité réduit la tolérance et entretient la douleur

Le dos s’adapte aux contraintes auxquelles il est exposé. Lorsque la charge quotidienne diminue fortement, la capacité à supporter l’effort baisse également. La marge de tolérance se réduit. Après quelques jours ou semaines d’inactivité, une activité modérée peut alors devenir irritante. Cette réaction donne parfois l’impression que la douleur apparaît « sans raison », alors qu’elle reflète surtout un seuil de tolérance temporairement abaissé.
L’inactivité agit aussi sur la récupération globale. Bouger moins peut paradoxalement augmenter la fatigue générale et perturber le sommeil. Or, un organisme qui récupère mal devient plus sensible aux contraintes. La douleur peut alors fluctuer davantage d’un jour à l’autre, sans lien avec une nouvelle atteinte. Cette variabilité entretient souvent l’inquiétude et renforce l’évitement.
Le système nerveux participe également à ce phénomène. Lorsqu’une zone est douloureuse et peu sollicitée, l’attention portée aux sensations augmente. Le cerveau peut associer certains mouvements à un danger potentiel, ce qui modifie le contrôle neuromoteur et la proprioception. Les gestes deviennent moins fluides, plus anticipés, avec davantage de tensions. Ce mécanisme n’invalide pas la douleur, mais contribue à son maintien lorsqu’il se prolonge.

Certaines situations favorisent cette spirale :

Il est important de distinguer adaptation temporaire et inactivité durable. Réduire certaines activités pendant une phase très douloureuse peut être pertinent sur un temps court. Ce qui complique la récupération, ce n’est pas l’ajustement ponctuel, mais l’absence prolongée de mouvement.
Ainsi, l’inactivité prolongée peut aggraver un mal de dos en diminuant l’endurance musculaire, en augmentant la raideur, en abaissant la tolérance aux contraintes et en renforçant la sensibilité du système nerveux. Le dos récupère souvent mieux lorsqu’il reste exposé à un minimum de mouvement progressif et régulier, plutôt que placé au repos complet pendant longtemps.

Ai-je bien compris?

Rester longtemps inactif peut entretenir un mal de dos. Quand on bouge moins, les muscles fatiguent plus vite et le dos devient plus raide. La tolérance aux efforts diminue, ce qui rend des gestes simples plus difficiles. L’inactivité peut aussi augmenter la fatigue générale et la sensibilité à la douleur. Le système nerveux devient plus vigilant et le mouvement est davantage appréhendé. Une adaptation temporaire peut être utile, mais l’inactivité prolongée ralentit souvent la récupération.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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