Lorsqu’une douleur tendineuse apparaît, la question de l’arrêt du sport se pose presque immédiatement. La tendinopathie inquiète car elle peut s’installer dans le temps et donner l’impression que chaque effort aggrave la situation. Pourtant, la réponse n’est ni systématiquement d’arrêter, ni de continuer coûte que coûte. Elle dépend avant tout de la manière dont le tendon réagit à la charge et de l’évolution des symptômes dans le temps.
La tendinopathie est le plus souvent liée à un déséquilibre progressif entre la contrainte imposée et la capacité du tendon à la tolérer. Le tendon est une structure qui s’adapte, mais lentement. Lorsque la charge augmente trop vite ou se répète sans récupération suffisante, la douleur apparaît. Dans ce contexte, continuer exactement comme avant entretient la surcharge, mais un arrêt total n’est pas toujours indispensable.
Observer la réaction du tendon à l’effort
Le premier repère utile est la manière dont la douleur se comporte pendant et après l’activité. Une douleur légère à modérée, stable, qui n’augmente pas nettement au fil de la séance et qui disparaît rapidement après, peut parfois rester compatible avec une activité adaptée.
Certains critères orientent cette décision :
- une douleur d’intensité faible à modérée,
- une absence d’aggravation pendant l’effort,
- une récupération rapide après la séance,
- une stabilité des symptômes d’une séance à l’autre.
Dans ce cadre, le tendon conserve encore une certaine tolérance à la charge.
Quand la charge dépasse le seuil de tolérance
À l’inverse, certains signes indiquent clairement que l’activité est trop contraignante. Une douleur qui augmente nettement pendant l’effort, persiste longtemps après ou s’intensifie le lendemain traduit un dépassement du seuil de tolérance du tendon. Cette réaction retardée est fréquente dans les tendinopathies et constitue un signal important.
Dans ces situations, continuer sans modification entretient l’irritation et prolonge la récupération. Il ne s’agit pas toujours d’arrêter toute activité, mais de réduire ou supprimer temporairement les contraintes les plus irritantes, notamment les gestes explosifs, répétitifs ou réalisés en fatigue.
La fatigue joue ici un rôle majeur. Lorsqu’elle s’accumule, le contrôle neuromoteur et la proprioception diminuent, ce qui augmente localement la contrainte sur le tendon et facilite l’apparition de la douleur.
Arrêter le geste douloureux sans arrêter de bouger
Un arrêt temporaire du sport peut être nécessaire lorsque la douleur est importante, modifie le mouvement ou gêne les gestes du quotidien. Dans ces cas, poursuivre l’activité douloureuse maintient un stress trop élevé sur le tendon. En revanche, cela ne signifie pas forcément une inactivité complète. L’objectif est surtout de supprimer la contrainte spécifique responsable de la douleur, pas de tout interrompre.
À l’inverse, vouloir absolument maintenir le même sport, au même niveau, malgré une douleur évolutive, favorise la chronicisation. La stratégie la plus favorable est généralement celle qui permet de rester actif tout en restant sous le seuil de tolérance du tendon.
Une décision qui se juge dans le temps
Il est essentiel de ne pas raisonner uniquement séance par séance. Une tendinopathie évolue favorablement lorsque la tendance globale, sur plusieurs semaines, va vers une meilleure tolérance : douleur moins intense, apparition plus tardive, récupération plus rapide, capacité accrue à répéter l’effort. Si ces critères s’améliorent, l’activité est probablement mieux ajustée.
Ai-je bien compris?
Arrêter complètement le sport n’est pas systématique en cas de tendinopathie. Tout dépend de la réaction du tendon à la charge. Une activité adaptée peut être possible si la douleur reste modérée, stable et récupère rapidement. Une douleur qui augmente pendant l’effort, persiste après ou s’aggrave le lendemain indique une surcharge. Dans certains cas, un arrêt temporaire du geste douloureux est nécessaire. L’objectif est de rester actif sans dépasser répétitivement le seuil de tolérance du tendon.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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