Ce que montre l’imagerie… et ce qu’elle ne montre pas
Après un traumatisme du genou, il est fréquent que les examens d’imagerie ne mettent pas en évidence de lésion significative alors que la douleur persiste. Cela peut être déroutant, car l’imagerie est souvent perçue comme un reflet direct de l’état réel du genou. Pourtant, ces examens sont conçus pour visualiser des structures précises, à un instant donné, et ne rendent pas compte du fonctionnement du genou dans le mouvement.
Un genou peut donc être structurellement rassurant tout en restant douloureux lorsque les contraintes augmentent ou se répètent. Cette situation est courante après un traumatisme et n’implique pas que la douleur soit injustifiée.
Une douleur liée au fonctionnement plus qu’à une lésion
Après un choc, certains tissus peuvent rester sensibles sans présenter d’anomalie identifiable. La capsule articulaire, les tissus péri-articulaires ou certaines zones profondes peuvent réagir de façon prolongée. Cette sensibilité est souvent entretenue par la manière dont le genou est sollicité au quotidien.
Lorsque le mouvement est modifié, même légèrement, la répartition des contraintes change. Le genou fonctionne alors dans un équilibre moins efficace, ce qui suffit à déclencher ou maintenir une douleur, surtout à l’effort.
Le rôle de la réaction inflammatoire persistante
Même en l’absence de lésion visible, le genou peut rester dans un état d’inflammation de bas grade après un traumatisme. Cette réaction n’est pas toujours perceptible au repos, mais elle se manifeste lorsque l’articulation est sollicitée. La douleur devient alors un signal de surcharge par rapport à la capacité actuelle du genou à tolérer l’effort.
Cette inflammation résiduelle explique pourquoi la douleur peut apparaître de façon retardée ou fluctuer selon les journées, sans que cela traduise une aggravation.
- sensibilité accrue des tissus après le choc
- réaction inflammatoire persistante mais modérée
- douleur déclenchée par la répétition ou l’intensité
- amélioration souvent progressive avec l’adaptation du mouvement
Mobilité, contrôle et perception du mouvement
Un déficit, même discret, de mobilité ou de contrôle articulaire suffit à perturber le fonctionnement du genou. La perte de fluidité du mouvement augmente le coût mécanique de chaque geste. De plus, après un traumatisme, la proprioception peut être altérée : le genou est moins bien perçu dans l’espace, ce qui rend les ajustements moins précis.
Cette combinaison favorise des contraintes mal réparties et entretient la douleur, indépendamment des résultats de l’imagerie.
Quand faut-il rester attentif ?
Dans la majorité des cas, avoir mal au genou sans lésion visible est une évolution fréquente et non inquiétante. La vigilance s’impose surtout lorsque la douleur s’aggrave progressivement, s’accompagne d’un gonflement important, de blocages répétés ou d’une perte fonctionnelle nette. Ces situations justifient une réévaluation médicale.
- douleur de plus en plus intense ou précoce à l’effort
- gonflement persistant et marqué
- blocages ou perte de mobilité brutale
- limitation croissante des activités quotidiennes
Ai-je bien compris?
Il est donc tout à fait possible d’avoir mal au genou après un traumatisme même si l’imagerie est normale. Les examens montrent les structures, mais pas toujours le fonctionnement réel du genou. La douleur peut être liée à une sensibilité persistante des tissus, à une inflammation résiduelle ou à une adaptation imparfaite du mouvement. Une mobilité ou un contrôle insuffisant suffit à entretenir les symptômes. Cette situation est fréquente et évolue généralement favorablement avec la récupération fonctionnelle. L’inquiétude est surtout justifiée si la douleur s’aggrave ou s’accompagne de signes inhabituels.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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