Une épaule rassurante… jusqu’au mouvement
Certaines personnes décrivent une épaule qui semble parfaitement normale au repos, sans douleur particulière ni gêne apparente, mais qui devient instable dès que certains gestes sont réalisés. Lever le bras, porter une charge éloignée du corps, effectuer un mouvement rapide ou travailler au-dessus de l’épaule peut alors déclencher une sensation d’insécurité ou de manque de contrôle.
Cette dissociation entre repos et mouvement est fréquente et peut être difficile à comprendre pour le patient.
Le repos ne sollicite pas les mêmes exigences
Au repos, l’épaule est peu sollicitée. Les contraintes mécaniques sont limitées et les exigences de contrôle sont faibles. L’articulation n’a pas besoin d’ajustements fins pour rester stable, ce qui explique pourquoi elle peut paraître fiable et confortable dans ces situations.
En revanche, dès que le bras est engagé dans un geste fonctionnel, les exigences augmentent fortement.
Dans ces situations dynamiques, l’épaule doit :
- maintenir un centrage précis de la tête de l’humérus
- coordonner l’action des muscles de la coiffe et de l’omoplate
- ajuster en permanence la position du bras dans l’espace
- gérer des contraintes variables selon la charge et la vitesse
Pourquoi certains gestes révèlent l’instabilité
L’instabilité qui apparaît uniquement dans certains gestes traduit le plus souvent un défaut de contrôle actif plutôt qu’un problème visible au repos. Les muscles peuvent être présents et fonctionnels, mais leur activation peut manquer de synchronisation ou de précision lorsque la demande augmente.
Ce phénomène explique pourquoi une épaule peut être stable dans la vie courante, mais devenir incertaine dans des situations plus exigeantes.
Le rôle du contrôle neuromoteur et de la proprioception
Le contrôle neuromoteur permet d’organiser le mouvement de manière fluide et sécurisée. La proprioception fournit les informations nécessaires pour ajuster la position de l’articulation tout au long du geste.
Lorsque ces mécanismes sont moins efficaces, l’épaule perd en fiabilité dès que le mouvement sort des schémas simples et répétitifs.
On observe alors fréquemment :
- une instabilité ressentie uniquement à l’effort
- une épaule confortable en position statique
- une variabilité importante selon le type de geste
- une absence de lésion évidente à l’imagerie
Une instabilité fonctionnelle, pas contradictoire
Le fait que l’épaule soit normale au repos ne contredit pas l’existence d’une instabilité. Cela signifie simplement que le problème apparaît lorsque les exigences de contrôle dépassent les capacités du moment.
Cette instabilité est fonctionnelle, dépendante du contexte, et n’implique pas nécessairement une atteinte structurelle de l’articulation.
Ai-je bien compris?
Il est fréquent d’avoir une épaule stable au repos mais instable dans certains gestes. Le repos impose peu de contraintes, tandis que le mouvement exige un contrôle précis et coordonné. L’instabilité apparaît lorsque ce contrôle est insuffisant dans des situations spécifiques. Elle est fonctionnelle, dépend du geste réalisé et ne signifie pas que l’articulation est abîmée. La rééducation vise à améliorer la fiabilité de l’épaule dans ces mouvements exigeants.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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