La douleur à l’épaule est souvent plus marquée la nuit, alors même que l’articulation n’est pas sollicitée par l’effort. Cette particularité s’explique moins par une aggravation soudaine de l’état de l’épaule que par les conditions spécifiques du repos nocturne.
Le repos modifie la tolérance de l’épaule
Lorsque l’épaule est immobile pendant plusieurs heures, certains mécanismes protecteurs disparaissent. En journée, l’activité musculaire contribue à stabiliser l’articulation et à répartir les contraintes. La nuit, cette activité diminue fortement, ce qui modifie la manière dont l’épaule supporte les charges internes liées à sa propre position.
Plusieurs éléments participent à cette moindre tolérance nocturne :
- diminution de l’activité musculaire stabilisatrice,
- immobilité prolongée de l’articulation,
- augmentation de la sensibilité des tissus au repos.
Dans ce contexte, des structures déjà sensibles deviennent plus réactives, ce qui favorise l’apparition ou l’intensification de la douleur.
Les positions nocturnes augmentent certaines contraintes
La position adoptée pendant le sommeil joue un rôle important. Dormir sur le côté, avec l’épaule comprimée sous le poids du corps, ou maintenir le bras dans une position prolongée peut majorer les contraintes locales. Même sans mouvement, ces contraintes suffisent à dépasser temporairement la capacité de tolérance de l’articulation.
L’absence d’ajustements posturaux fréquents, contrairement à la journée, limite la redistribution des charges. La douleur devient alors plus perceptible, d’autant plus que l’attention n’est plus mobilisée par les activités quotidiennes.
Moins de mouvement, plus de perception de la douleur
La nuit, la perception de la douleur est souvent plus intense. Le calme et l’absence de stimulation extérieure rendent les sensations corporelles plus présentes. Une gêne modérée, peu perceptible en journée, peut ainsi devenir difficile à ignorer la nuit.
Par ailleurs, l’immobilité réduit les apports mécaniques favorables liés au mouvement, comme la stimulation des tissus et la modulation de la sensibilité locale :
- baisse de la stimulation mécanique protectrice,
- diminution de la modulation sensorielle liée au mouvement,
- perception amplifiée des signaux douloureux.
Ces phénomènes expliquent pourquoi la douleur peut réveiller le patient ou perturber l’endormissement, sans que l’épaule ne soit en train de se détériorer.
Le rôle du contrôle neuromoteur et de la proprioception
Le contrôle neuromoteur permet habituellement d’ajuster finement la position de l’épaule. La nuit, cette régulation est moins active. La proprioception, qui informe sur la position articulaire, devient moins précise lorsque l’épaule reste longtemps immobile. De légers déséquilibres de position peuvent alors persister, augmentant les contraintes locales et la douleur ressentie.
Ai-je bien compris?
La douleur à l’épaule est souvent plus intense la nuit parce que l’articulation est immobile et moins stabilisée par les muscles. Les positions prolongées augmentent certaines contraintes locales, tandis que l’absence de mouvement réduit les mécanismes protecteurs habituels. La perception de la douleur est également plus marquée au repos, dans le calme nocturne. Cette douleur ne signifie pas que l’épaule s’abîme pendant la nuit, mais qu’elle tolère moins bien ces conditions particulières.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Douleurs de l’épaule : comprendre, évaluer et rééduquer
Douleurs de l’épaule : comprendre les mécanismes, évaluer le mouvement et rééduquer pour retrouver une épaule fonctionnelle et durable.





