Lever le bras est un geste simple en apparence, mais exigeant pour l’épaule. Il sollicite fortement l’articulation, même sans porter de charge. Lorsque ce mouvement devient douloureux, cela ne signifie pas nécessairement qu’une lésion grave est présente, mais que certaines structures de l’épaule tolèrent moins bien ce geste à ce moment précis.
Un geste qui augmente fortement les contraintes sur l’épaule
À mesure que le bras s’élève, les contraintes mécaniques exercées sur l’épaule augmentent naturellement. Le bras agit comme un levier : plus il s’éloigne du corps, plus l’effort nécessaire pour le contrôler est important. Cette augmentation de charge est normale, mais elle doit être absorbée efficacement par l’articulation.
Pour que le mouvement reste fluide, plusieurs éléments doivent fonctionner ensemble :
- une coordination précise entre l’humérus et l’omoplate,
- une stabilisation musculaire adaptée à l’amplitude,
- une bonne capacité des tissus à supporter la mise sous tension.
Lorsque cette adaptation est insuffisante, la douleur peut apparaître, souvent à une hauteur bien précise du mouvement.
Le rôle possible des muscles, des tendons et de la capsule
Lors de l’élévation du bras, les muscles de l’épaule travaillent activement pour guider et stabiliser le mouvement. Leurs tendons transmettent les forces nécessaires au contrôle du bras, tandis que la capsule articulaire accompagne l’augmentation progressive de l’amplitude.
Si ces structures sont plus sensibles, moins disponibles ou sollicitées de façon répétée, leur tolérance à la charge peut diminuer. La douleur ne provient alors pas d’un traumatisme, mais d’une difficulté à supporter la contrainte imposée par le geste, en particulier dans certaines amplitudes.
Il est fréquent que la douleur :
- apparaisse sans choc ni faux mouvement,
- soit localisée à un angle précis d’élévation,
- varie selon la répétition ou la vitesse du geste.
Ces caractéristiques orientent vers un problème de tolérance fonctionnelle plutôt qu’une atteinte structurelle sévère.
Coordination et perception du mouvement
Le contrôle neuromoteur permet d’ajuster en permanence la position du bras dans l’articulation. Lorsque ce contrôle est moins précis, certaines structures — musculaires, tendineuses ou capsulaires — peuvent être davantage sollicitées.
La proprioception intervient également. Elle informe sur la position du bras et la manière dont le mouvement est réalisé. Une perception moins fine rend le geste moins économique et plus coûteux pour l’épaule, ce qui favorise l’apparition de la douleur lors de l’élévation.
Ai-je bien compris?
La douleur à l’épaule en levant le bras est liée à l’augmentation naturelle des contraintes lors de ce geste. Elle peut s’expliquer par une tolérance diminuée des muscles, des tendons de la coiffe ou de la capsule articulaire, associée à une coordination moins efficace. Cette douleur apparaît souvent à une amplitude précise et ne signifie pas forcément qu’une lésion grave est présente. Elle traduit surtout une difficulté temporaire de l’épaule à s’adapter à ce mouvement.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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