Après un AVC, il est fréquent de remarquer que le pied ne se lève plus correctement pendant la marche. Le pas peut sembler accrocher le sol, le pied avancer plus bas qu’avant, ou nécessiter un effort supplémentaire pour éviter de trébucher. Ce phénomène ne traduit pas un simple manque de force, mais une modification du contrôle neurologique du mouvement.
Une élévation du pied qui dépend du contrôle neuromoteur
Lever le pied pendant la marche nécessite une coordination précise entre plusieurs muscles, notamment ceux qui relèvent la cheville et ceux qui contrôlent le genou et la hanche. Ce mouvement dépend d’un contrôle neuromoteur fin, assuré par le système nerveux central.
Après un AVC, ce contrôle peut être altéré. Selon la zone cérébrale touchée, certains muscles peuvent être activés de façon insuffisante, imprécise ou ne plus être contrôlés volontairement. Lorsque les muscles chargés de relever le pied ne s’activent pas correctement au bon moment, le pied a tendance à rester trop bas pendant l’avancée du pas.
Un déséquilibre musculaire qui gêne le déroulement du pas
Après un AVC, les muscles ne fonctionnent plus toujours de manière équilibrée. Certains peuvent manquer d’activation, tandis que d’autres présentent un tonus excessif lié à une modification de la régulation nerveuse, incluant notamment une majoration de certains réflexes.
Cela peut entraîner :
- une difficulté à relever l’avant du pied,
- une cheville qui reste orientée vers le bas pendant l’avancée,
- un mouvement moins fluide du membre inférieur.
Ce déséquilibre perturbe directement le déroulement normal du pas et favorise le contact du pied avec le sol.
Une adaptation du pas pour compenser le manque de contrôle
Lorsque le pied ne se lève pas suffisamment, le corps met souvent en place des stratégies d’adaptation pour continuer à marcher. Ces adaptations permettent d’éviter de trébucher, mais modifient la qualité de la marche.
Par exemple, la jambe peut être davantage levée, le bassin peut se déplacer différemment ou le pas peut devenir plus large. Ces ajustements demandent plus d’effort et rendent la marche plus coûteuse sur le plan neurologique.
Le rôle de la fatigue dans le pied qui traîne
Après un AVC, la fatigue influence directement le contrôle du mouvement. Contrôler l’élévation du pied demande davantage d’effort au système nerveux lorsque le contrôle neuromoteur est altéré. Plus la marche se prolonge, plus la précision du mouvement peut diminuer.
Cela peut se traduire par :
- un pied qui traîne davantage avec la distance,
- une perte progressive de précision du pas,
- une augmentation du risque d’accrocher le sol.
Ces variations sont cohérentes avec l’effort nécessaire pour maintenir un contrôle moteur efficace après une atteinte centrale.
Pourquoi le pied traîne après un AVC
Après un AVC, le pied traîne principalement parce que le contrôle neuromoteur permettant de relever la cheville est altéré. Les muscles concernés peuvent être insuffisamment activés ou mal coordonnés, tandis que d’autres deviennent trop raides. L’élévation du pied devient alors moins efficace, surtout lorsque la fatigue apparaît ou que la marche se prolonge.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, le pied peut traîner pendant la marche car le contrôle neurologique du mouvement est modifié. Les muscles qui permettent de relever le pied peuvent être mal activés ou mal coordonnés, tandis que d’autres deviennent plus raides. Le corps met alors en place des adaptations pour continuer à marcher, ce qui rend le pas moins fluide et plus fatigant. Le phénomène est souvent plus marqué avec la fatigue ou sur des distances plus longues.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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