La marche comme enjeu central après un AVC
Après un accident vasculaire cérébral, la marche est souvent l’une des fonctions les plus touchées et l’une des premières préoccupations des patients et de leurs proches. Pouvoir se déplacer à nouveau, même différemment qu’avant, représente un enjeu majeur d’autonomie, de sécurité et de confiance. La rééducation de la marche après un AVC ne vise pas à retrouver une marche idéale sur le plan technique, mais à permettre des déplacements fonctionnels, fiables et adaptés aux situations de la vie quotidienne.
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Les conséquences de l’AVC sur la capacité à marcher
Un AVC peut modifier la coordination, la force, l’équilibre et la perception du corps dans l’espace. Ces changements rendent la marche plus lente, plus fatigante et parfois instable. Certains patients rencontrent des difficultés pour initier le pas, contrôler le pied, maintenir une trajectoire régulière ou gérer les changements de direction. La rééducation prend en compte ces difficultés afin d’aider le patient à reconstruire une marche utilisable dans des contextes concrets, comme se déplacer à domicile, sortir de chez soi ou franchir des obstacles courants.
Réorganiser une marche devenue moins automatique
La marche repose sur une organisation complexe impliquant le tronc, les membres inférieurs, l’équilibre et l’attention. Lorsque le système nerveux est atteint, cette organisation automatique est perturbée. La rééducation vise alors à redonner une structure au déplacement, sans imposer un modèle unique.
L’objectif est d’aider la personne à trouver une façon de marcher qui soit :
- suffisamment stable pour limiter les déséquilibres
- reproductible dans différents environnements
- sécurisée pour les activités du quotidien
La fatigue dans la rééducation de la marche
La fatigue occupe une place importante dans la rééducation de la marche après un AVC. Marcher peut devenir rapidement épuisant, même sur de courtes distances. Cette fatigue s’explique par l’effort supplémentaire demandé au système nerveux pour contrôler le mouvement et maintenir l’équilibre. La rééducation tient compte de cet aspect en adaptant les distances, le rythme et la durée du travail, afin de préserver la qualité de la marche sans provoquer d’épuisement excessif.
Sécurité, équilibre et confiance dans les déplacements
La sécurité est un élément central du travail de la marche. Une instabilité, une perte d’équilibre ou une appréhension du déplacement peuvent limiter les sorties et augmenter le risque de chute. La rééducation intègre donc des situations proches de la réalité pour améliorer la stabilité et la confiance, en travaillant notamment les changements de direction, les variations d’allure et les déplacements dans des environnements variés.
Les aides techniques dans la rééducation de la marche
L’apprentissage de la marche après un AVC peut nécessiter l’utilisation d’aides techniques. Canne, béquille, déambulateur ou autre dispositif peuvent être proposés pour sécuriser les déplacements et limiter le risque de chute. Leur utilisation fait partie intégrante de la rééducation et ne s’improvise pas.
Le kinésithérapeute accompagne le patient :
- dans le choix de l’aide la plus adaptée
- dans son apprentissage progressif
- afin d’éviter des compensations inutiles
Ces aides peuvent être temporaires ou nécessaires sur le long terme, avec pour objectif principal de permettre des déplacements plus sûrs et plus autonomes.
Le rôle du kinésithérapeute dans la rééducation de la marche
Le kinésithérapeute observe la manière dont le patient marche, identifie les stratégies efficaces et celles qui augmentent la fatigue ou l’instabilité, puis adapte le travail en conséquence. Il ajuste les exercices en fonction des capacités du moment, de la fatigue et des variations quotidiennes. Cette adaptation permet de rendre la marche plus fluide, plus sécurisée et mieux intégrée dans le quotidien.
Une marche fonctionnelle intégrée à la vie quotidienne
La rééducation de la marche ne se limite pas aux séances. Elle s’inscrit dans la vie quotidienne du patient, en tenant compte de son environnement, de ses habitudes et de ses besoins réels. Pouvoir se déplacer chez soi, sortir faire quelques pas ou se rendre à des activités essentielles constitue un objectif central. Même si la marche reste différente d’avant, le fait de pouvoir se déplacer de manière fiable, avec plus de sécurité et moins d’appréhension, représente un gain essentiel pour la qualité de vie.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, la marche peut être altérée par des troubles de coordination, d’équilibre, de contrôle moteur et par une fatigabilité importante. La rééducation vise une marche fonctionnelle, sécurisée et adaptée à la vie quotidienne. Elle prend en compte la fatigue, la stabilité, la confiance dans le déplacement et, si nécessaire, l’utilisation d’aides techniques, afin de favoriser l’autonomie et la qualité de vie.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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