Dormir sur le côté est une position fréquente et souvent naturelle. En cas d’arthrose de la hanche, cette posture peut toutefois devenir inconfortable, voire douloureuse. Cette gêne nocturne n’est pas systématique, mais elle est cohérente avec les contraintes mécaniques et fonctionnelles imposées à l’articulation dans cette position. Elle ne traduit pas une aggravation brutale de l’arthrose, mais une tolérance variable à la charge prolongée.
Une position qui modifie la répartition des contraintes sur la hanche
Lorsque la personne est allongée sur le côté, la hanche située contre le matelas supporte une partie du poids du bassin et du tronc. Cette charge est statique et prolongée, ce qui diffère fortement des sollicitations dynamiques de la marche. Dans l’arthrose, l’articulation tolère parfois moins bien ce type de contrainte continue.
Plusieurs facteurs expliquent l’apparition de douleurs dans cette position :
- une compression prolongée des structures articulaires et péri-articulaires,
- une diminution des micro-ajustements liés à l’absence de mouvement,
- une sensibilité accrue de l’articulation aux pressions maintenues.
La douleur peut apparaître progressivement au cours de la nuit, sans lien avec un mouvement particulier, ce qui la rend parfois difficile à interpréter.
Une influence du contrôle postural et de la perception articulaire au repos
Même au repos, la position du corps repose sur un équilibre fin entre les segments. Dans la position latérale, la hanche doit maintenir une certaine stabilité, alors que l’activité musculaire est réduite. La perception de la position articulaire, liée à la proprioception, devient alors plus déterminante.
En cas d’arthrose de la hanche, cette perception peut être moins précise. Le corps identifie moins bien les zones de contrainte excessive et ajuste moins efficacement la posture au cours du sommeil. Cela peut conduire à une accumulation de pression sur certaines zones de l’articulation, favorisant l’inconfort ou les réveils nocturnes.
Plusieurs mécanismes peuvent s’associer :
- une adaptation posturale limitée pendant le sommeil,
- une tolérance réduite à la charge statique prolongée,
- une sensibilité accrue de la hanche aux pressions latérales.
Ces éléments expliquent pourquoi certaines personnes supportent cette position, tandis que d’autres la trouvent rapidement douloureuse.
Une position possible, mais pas toujours bien tolérée
Dormir sur le côté n’est ni interdit ni dangereux en cas d’arthrose de la hanche. Toutefois, cette position peut devenir inconfortable si elle est maintenue longtemps sans changement. La douleur nocturne correspond alors à un signal fonctionnel indiquant que la hanche supporte difficilement une contrainte prolongée.
L’enjeu n’est pas d’imposer une position de sommeil, mais de comprendre que la hanche arthrosique peut réagir différemment aux charges statiques qu’aux mouvements. La gêne nocturne ne signifie pas une aggravation rapide de l’arthrose, mais une limite de tolérance posturale.
Ai-je bien compris?
Dormir sur le côté est possible avec une arthrose de la hanche, mais cette position peut devenir douloureuse chez certaines personnes. La hanche située contre le matelas supporte une charge prolongée, différente de celle de la marche. En l’absence de mouvement, la pression s’accumule et l’articulation peut moins bien la tolérer. La perception de la position articulaire et les ajustements posturaux pendant le sommeil jouent également un rôle. La douleur nocturne est donc fréquente et cohérente, sans être un signe de gravité immédiate.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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