Après une prothèse totale de genou, de nombreux patients décrivent une fatigue rapide du genou lors de la marche, des escaliers ou des activités quotidiennes, parfois même lorsque la douleur est modérée ou absente. Cette sensation est souvent déroutante, car l’articulation est perçue comme « réparée ». Pourtant, cette fatigue est fréquente et ne traduit pas nécessairement un problème de la prothèse. Elle s’explique par plusieurs mécanismes fonctionnels liés à la récupération.
Perte de force et d’endurance musculaire
La première cause de cette fatigue est la diminution de la capacité musculaire. Après la chirurgie, le quadriceps présente presque toujours une inhibition et une perte de force, mais surtout une baisse d’endurance.
Même lorsque le muscle est capable de produire un effort ponctuel satisfaisant, il se fatigue plus rapidement lors d’activités répétées. Le genou doit alors fournir un effort plus important pour assurer la stabilité à chaque pas, ce qui favorise une fatigue précoce.
Mouvement moins économique et contraintes accrues
Après une prothèse, des limitations résiduelles de l’extension ou de la flexion sont fréquentes. Ces restrictions obligent le patient à adapter ses mouvements, modifiant la répartition des contraintes lors de la marche ou des transferts.
Le mouvement devient alors moins économique sur le plan mécanique, augmentant la dépense énergétique nécessaire pour accomplir des gestes pourtant simples.
- limitation d’amplitude articulaire,
- compensation dans le schéma de marche,
- augmentation du coût énergétique du mouvement,
Ces adaptations expliquent pourquoi la fatigue apparaît rapidement, même pour des activités du quotidien.
Contrôle neuromoteur et proprioception
La chirurgie modifie les informations sensorielles provenant du genou. La proprioception, c’est-à-dire la capacité à percevoir la position et le mouvement de l’articulation, est altérée.
Le système nerveux doit alors fournir un effort supplémentaire pour contrôler le mouvement. Tant que ce contrôle n’est pas suffisamment automatisé, chaque pas demande davantage d’attention et de ressources neuromusculaires, ce qui accélère la fatigue.
Stratégies de protection et endurance globale
Par crainte d’instabilité ou de douleur, le patient peut adopter des stratégies de protection inconscientes, comme une rigidification excessive du genou ou une contraction prolongée des muscles stabilisateurs. Ces stratégies augmentent la sollicitation musculaire et accélèrent l’apparition de la fatigue.
- contraction musculaire excessive,
- vigilance permanente lors de l’appui,
- participation insuffisante des autres segments du membre inférieur,
Il faut également considérer l’endurance globale du membre inférieur. Après une période de diminution d’activité liée à la chirurgie, les muscles de la hanche et de la cheville participent moins efficacement à la marche, reportant davantage de charge sur le genou.
Ainsi, si le genou fatigue rapidement après une prothèse totale, c’est le plus souvent en raison d’un déficit de force et d’endurance musculaire, d’un mouvement moins économique et d’une adaptation neuromotrice encore incomplète. Cette fatigue diminue progressivement à mesure que la récupération fonctionnelle progresse.
Ai-je bien compris?
Après une prothèse totale de genou, une fatigue rapide est fréquente, même sans douleur importante. Elle est liée à une perte d’endurance musculaire, notamment du quadriceps. Les limitations articulaires rendent le mouvement moins économique. Le contrôle neuromoteur et la proprioception sont modifiés, augmentant l’effort nécessaire pour contrôler le genou. Des stratégies de protection peuvent accentuer cette fatigue. Elle correspond le plus souvent à une étape normale de la récupération.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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