Après la pose d’une prothèse totale de hanche, la disparition des douleurs est souvent attendue rapidement. Lorsque des douleurs persistent plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’intervention, cela peut générer une inquiétude légitime. Pourtant, la présence de douleurs après une prothèse de hanche n’indique pas automatiquement un dysfonctionnement de la prothèse. Dans de nombreux cas, ces douleurs correspondent aux étapes normales de récupération et d’adaptation du corps après la chirurgie.
La récupération des tissus après l’intervention
La pose d’une prothèse de hanche reste une chirurgie importante pour l’ensemble des tissus autour de l’articulation. Les muscles, les tendons et les structures périarticulaires sont incisés, mobilisés et soumis à des contraintes inhabituelles. Même si l’articulation est remplacée, ces tissus doivent cicatriser, ce qui demande du temps.
Pendant cette phase, il est fréquent de ressentir des douleurs variables, souvent liées à l’activité. Elles peuvent apparaître lors de la marche, des changements de position ou en fin de journée, lorsque la fatigue s’installe. Ces douleurs traduisent le processus normal de réparation tissulaire plutôt qu’un problème mécanique de la prothèse.
L’adaptation du corps à une nouvelle mécanique articulaire
La prothèse modifie la transmission des forces entre la hanche, le bassin et le membre inférieur. Les muscles doivent s’adapter à cette nouvelle organisation pour assurer la stabilité et la fluidité des mouvements. Cette adaptation ne se fait pas instantanément.
Certaines structures peuvent être temporairement plus sollicitées, ce qui explique l’apparition de douleurs musculaires ou tendineuses à l’effort.
Cette phase est particulièrement marquée lors de la reprise progressive de la marche ou des activités du quotidien, lorsque la charge augmente.
- modification de la répartition des contraintes mécaniques,
- sollicitation accrue de certains groupes musculaires,
- adaptation progressive des appuis et de l’équilibre,
Ces ajustements sont nécessaires pour retrouver un fonctionnement efficace et stable.
Le rôle de la force, du contrôle et de la coordination
Avant l’intervention, la hanche est souvent douloureuse depuis longtemps. Cette situation entraîne fréquemment une diminution de l’activité et une perte de force musculaire. Après la pose de la prothèse, l’articulation est mécaniquement remplacée, mais les muscles ne retrouvent pas immédiatement leur capacité à supporter les efforts.
Un déficit de force ou de contrôle neuromoteur peut augmenter la charge sur certaines zones, favorisant l’apparition de douleurs à l’effort. La proprioception, c’est-à-dire la capacité à percevoir et contrôler précisément le mouvement de la hanche, est également souvent perturbée après la chirurgie. Tant que cette coordination n’est pas pleinement rétablie, les mouvements restent moins fluides et plus coûteux sur le plan énergétique.
La raideur, la fatigue et la perception de la douleur
Après l’opération, une raideur articulaire transitoire est fréquente. Cette limitation de mobilité oblige parfois les muscles à travailler dans des amplitudes moins favorables, augmentant l’effort nécessaire pour réaliser des gestes simples. Avec la fatigue, la tolérance à la charge diminue, ce qui explique pourquoi les douleurs sont souvent plus marquées en fin de journée.
- récupération musculaire encore incomplète,
- mobilité articulaire limitée,
- coordination perfectible,
- fatigue générale accumulée,
Ces facteurs se combinent et expliquent la persistance de douleurs malgré une prothèse correctement positionnée.
Avoir encore des douleurs après la pose d’une prothèse de hanche est donc une situation fréquente. Ces douleurs ne traduisent pas nécessairement un problème de la prothèse elle-même. Elles sont le plus souvent liées au temps nécessaire à la cicatrisation des tissus opérés, à la récupération de la force musculaire et à l’adaptation du corps à une nouvelle organisation mécanique. Tant que la hanche, les muscles et le contrôle du mouvement n’ont pas retrouvé une tolérance suffisante à l’effort, des douleurs peuvent apparaître, en particulier lors des activités du quotidien.
En revanche, une douleur qui s’intensifie nettement, devient constante, s’accompagne de fièvre, d’une rougeur/chaleur importante, d’une impotence inhabituelle, ou d’un ressenti de déboîtement nécessite une évaluation médicale
Ai-je bien compris?
Après une prothèse totale de hanche, des douleurs peuvent persister sans que cela soit anormal. Elles sont souvent liées à la cicatrisation des tissus opérés et à l’adaptation du corps à une nouvelle mécanique articulaire. La perte de force, la raideur et un contrôle du mouvement encore imparfait augmentent l’effort nécessaire pour bouger. Ces douleurs apparaissent surtout à l’activité et avec la fatigue. Elles diminuent généralement à mesure que la fonction et la tolérance à la charge s’améliorent. Une évolution inhabituelle ou aggravée doit en revanche être réévaluée médicalement.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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