Après un traumatisme du genou, le gonflement peut persister bien après la phase aiguë. Même lorsque la douleur diminue et que les gestes du quotidien redeviennent possibles, le genou peut rester volumineux, tendu ou donner une sensation de lourdeur. Cette situation est fréquente et ne traduit pas systématiquement une complication, mais plutôt la manière dont l’articulation réagit et s’adapte à l’agression initiale.
La réaction inflammatoire normale du genou
Lors d’un choc, d’une chute ou d’une torsion, le genou déclenche une réaction inflammatoire destinée à protéger les tissus et à favoriser leur réparation. Cette réaction s’accompagne souvent d’une production accrue de liquide articulaire ou d’un œdème des tissus environnants. Ce mécanisme est normal dans les suites immédiates du traumatisme, mais il peut se prolonger lorsque l’articulation reste sensible ou insuffisamment tolérante à la charge.
Le gonflement n’est donc pas uniquement lié à la gravité du traumatisme initial, mais aussi à la façon dont le genou gère les contraintes qui lui sont imposées après la blessure.
Gonflement articulaire et gonflement des tissus autour du genou
Le volume du genou peut augmenter pour différentes raisons, parfois combinées :
- un épanchement articulaire lié à une irritation de la membrane synoviale,
- un œdème des tissus péri-articulaires après une contusion,
- une stagnation des fluides favorisée par une mobilité réduite,
- une réaction inflammatoire entretenue par des sollicitations mal tolérées.
Un épanchement intra-articulaire donne souvent une sensation de tension ou de raideur, en particulier lors de la flexion complète. À l’inverse, un œdème des tissus autour du genou est parfois moins visible, mais responsable d’une impression de genou lourd ou engorgé.
Le rôle de l’utilisation du genou après le traumatisme
La manière dont le genou est sollicité après la blessure influence fortement l’évolution du gonflement. Un genou trop peu mobilisé draine moins efficacement les liquides, ce qui favorise leur accumulation. À l’inverse, une reprise trop rapide ou trop intense des activités peut entretenir l’inflammation.
L’enjeu se situe dans un équilibre entre protection et mobilisation progressive. Tant que cet équilibre n’est pas trouvé, le gonflement peut fluctuer, augmentant après l’effort ou en fin de journée, puis diminuant partiellement au repos.
Mobilité, drainage et adaptation à la charge
La récupération de la mobilité est un facteur clé dans la résorption du gonflement. Un genou qui ne s’étend ou ne se fléchit pas complètement modifie la mécanique articulaire et ralentit le drainage naturel des liquides. Cette raideur, parfois discrète, suffit à maintenir un gonflement persistant.
Un genou gonflé traduit souvent un décalage entre la cicatrisation des tissus et la capacité fonctionnelle réelle de l’articulation. Tant que la mobilité, la force et le contrôle du mouvement ne sont pas suffisamment restaurés, le genou reste réactif aux contraintes, même modérées.
Quand le gonflement n’est pas inquiétant
Dans la majorité des cas, un gonflement persistant après un traumatisme n’est pas inquiétant s’il :
- diminue lentement dans le temps,
- fluctue selon l’activité sans s’aggraver,
- n’est pas associé à une douleur croissante,
- s’accompagne d’une amélioration progressive de la fonction.
Il reflète alors une articulation encore en phase d’adaptation, plus sensible aux contraintes du quotidien.
Les situations qui nécessitent une vigilance
À l’inverse, un gonflement qui augmente avec le temps, devient très douloureux, chaud ou s’accompagne d’une limitation brutale du mouvement doit conduire à une évaluation médicale. De même, un genou qui reste très gonflé malgré une adaptation des sollicitations nécessite parfois un avis spécialisé afin d’écarter une cause spécifique.
Ai-je bien compris?
Après un traumatisme, le genou peut rester gonflé pendant plusieurs semaines sans que cela soit anormal. Ce gonflement est souvent lié à une réaction inflammatoire persistante, à un épanchement articulaire ou à un œdème des tissus autour du genou. La manière dont le genou est mobilisé et sollicité influence fortement son évolution. Une mobilité incomplète ou une mauvaise tolérance à la charge entretiennent le gonflement. L’évolution progressive et la récupération fonctionnelle sont des repères plus fiables que le seul volume du genou. La vigilance est surtout nécessaire en cas d’aggravation ou de douleur croissante.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Douleurs du genou après un traumatisme : comprendre et rééduquer
Douleurs du genou après un traumatisme : comprendre les mécanismes et le rôle de la rééducation pour retrouver un genou plus stable et fonctionnel.





