kinesport versailles, nos spécialités, kiné du sport, rééducation traumatismes, Pourquoi une articulation peut-elle rester instable après une lésion ligamentaire

Une stabilité qui ne dépend pas uniquement du ligament

Après une lésion ligamentaire, la douleur peut diminuer rapidement, donnant l’impression que l’articulation est réparée. Pourtant, la stabilité articulaire ne repose pas uniquement sur l’intégrité du ligament. Celui-ci participe à la stabilité dite passive, mais il n’agit jamais seul. Une articulation est un système coordonné qui associe structures passives, muscles et contrôle nerveux.
Même lorsque le ligament cicatrise correctement, ses propriétés mécaniques peuvent rester légèrement différentes. Cette modification, souvent minime, suffit parfois à rendre l’articulation plus exigeante à contrôler, surtout dans des situations dynamiques ou imprévues.

Le rôle central du contrôle musculaire et neuromoteur

La stabilité réelle d’une articulation dépend largement de la capacité des muscles à réagir de façon précise et coordonnée. Après une lésion ligamentaire, cette capacité est fréquemment altérée. Les muscles peuvent manquer de réactivité, de coordination ou de synchronisation, même s’ils semblent suffisamment forts lors de gestes simples.
Ce déficit concerne surtout le contrôle neuromoteur, c’est-à-dire la manière dont le système nerveux anticipe et ajuste les mouvements. Lorsque ce contrôle est moins précis, l’articulation peut donner une sensation de flottement ou de manque de fiabilité, sans qu’un déplacement anormal soit visible.

Une perception articulaire modifiée

Les ligaments jouent aussi un rôle sensoriel. Ils participent à l’information envoyée au cerveau sur la position et le mouvement de l’articulation. Une lésion perturbe cette perception fine, appelée proprioception. L’articulation est alors moins bien « située » dans l’espace, ce qui complique l’ajustement des réponses musculaires.

Cette altération explique pourquoi l’instabilité apparaît surtout dans certaines conditions :

Dans ces situations, l’articulation demande un niveau de contrôle plus élevé que ce qu’elle est capable de fournir à ce stade.

Une instabilité souvent fonctionnelle avant d’être mécanique

Il est fréquent qu’une articulation paraisse stable à l’examen simple, tout en étant ressentie comme instable au quotidien. Cette discordance s’explique par le fait que l’instabilité est d’abord fonctionnelle. Elle concerne la capacité à supporter et à contrôler les contraintes, plus que la présence d’un défaut structurel évident.

Avec le temps, si cette instabilité n’est pas prise en compte, des adaptations de mouvement peuvent apparaître :

Ces adaptations entretiennent la sensation d’instabilité, même en l’absence d’évolution de la lésion ligamentaire.

Stabilité et adaptation progressive à la charge

Retrouver une articulation stable ne consiste pas à « protéger davantage » le ligament, mais à réentraîner l’ensemble du système articulaire à tolérer progressivement les contraintes. La stabilité s’améliore lorsque l’articulation est réexposée, de manière progressive, à des sollicitations variées et contrôlées.
Cette adaptation repose sur la répétition de mouvements fonctionnels, la récupération du contrôle neuromoteur et l’amélioration de la confiance dans le mouvement. La disparition de la douleur est une étape, mais elle ne garantit pas à elle seule une stabilité retrouvée.

Ai-je bien compris?

Après une lésion ligamentaire, une articulation peut rester instable même si la douleur a disparu. Cette instabilité ne signifie pas forcément que le ligament ne cicatrise pas. Elle est souvent liée à un contrôle musculaire et neuromoteur encore insuffisant. La perception de l’articulation peut être modifiée, rendant certains mouvements moins précis. L’instabilité apparaît surtout dans des situations exigeantes ou imprévues. Retrouver une stabilité fiable nécessite une adaptation progressive aux contraintes, au-delà de la simple guérison du ligament.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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