Après une première luxation, certaines personnes constatent que l’articulation concernée devient plus instable et peut se luxer à nouveau, parfois lors d’un geste anodin. Cette récidive peut être déroutante, surtout lorsque la douleur initiale a disparu. Pourtant, une reluxation n’est pas le signe d’une articulation « fragile par nature », mais le reflet d’une récupération encore incomplète de ses mécanismes de stabilité.
Une altération durable des structures de stabilisation
Lors d’une luxation, l’articulation subit un déplacement brutal. Les structures qui la maintiennent en place, en particulier la capsule articulaire et les ligaments, sont fortement étirées. Même après remise en place de l’articulation, ces tissus ne retrouvent pas immédiatement leur tension et leur organisation initiales.
La capsule articulaire, qui joue un rôle majeur dans la stabilité passive, peut rester distendue ou cicatriser dans une position moins protectrice. L’articulation présente alors un excès de liberté dans certaines positions, notamment celles proches du mécanisme de la première luxation.
Concrètement, cela signifie que :
- l’articulation peut sembler stable dans les gestes simples,
- certaines positions restent mal contrôlées,
- les amplitudes extrêmes sont moins bien limitées,
- un nouveau déplacement peut survenir sans choc important.
Un contrôle musculaire et sensoriel perturbé
La stabilité articulaire ne dépend pas uniquement des ligaments. Les muscles autour de l’articulation participent activement à son maintien en ajustant en permanence leur contraction. Après une luxation, ce contrôle dynamique peut être altéré. Même lorsque la force musculaire semble correcte, la coordination, la réactivité ou l’endurance peuvent être insuffisantes.
Par ailleurs, les ligaments et la capsule contiennent des récepteurs qui informent le système nerveux de la position de l’articulation. Après une luxation, ces informations peuvent devenir moins fiables. L’articulation réagit alors plus lentement aux déséquilibres ou aux mouvements imprévus, ce qui augmente le risque de reluxation.
On observe fréquemment que :
- la perception de la position articulaire est moins précise,
- les ajustements musculaires sont retardés,
- la stabilité diminue lors des mouvements rapides,
- l’articulation est plus vulnérable aux contraintes soudaines.
Le rôle de la reprise des contraintes
Une articulation peut tolérer les gestes du quotidien tout en restant insuffisamment préparée à des sollicitations plus exigeantes. La reprise trop rapide de certaines contraintes, comme les amplitudes extrêmes, les mouvements brusques ou les situations instables, peut dépasser la capacité réelle de stabilisation.
La disparition de la douleur n’est donc pas un critère suffisant pour juger que l’articulation est prête. Tant que la mobilité, le contrôle et la tolérance à la charge ne sont pas suffisamment restaurés, le risque de récidive persiste.
Ai-je bien compris?
Après une luxation, l’articulation peut rester instable même si la douleur a disparu. La capsule articulaire et les ligaments peuvent rester distendus et moins efficaces.
Le contrôle musculaire et la perception de la position articulaire sont souvent perturbés. L’articulation peut sembler stable au quotidien mais vulnérable dans certaines positions.
Une reprise trop rapide des contraintes augmente le risque de reluxation.
La stabilité se juge sur la fonction, pas uniquement sur les symptômes.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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