Une fatigue fréquente et souvent déroutante
Après un traumatisme, la fatigue est une plainte fréquente au cours de la rééducation. Elle peut surprendre, en particulier lorsque la douleur principale a diminué et que les gestes du quotidien redeviennent possibles. Pourtant, cette fatigue n’est ni anormale ni inquiétante en soi. Elle traduit le travail d’adaptation que le corps doit fournir pour retrouver une fonction stable et efficace après une atteinte traumatique.
La désadaptation physique comme point de départ
Un traumatisme s’accompagne presque toujours d’une période de désadaptation. La diminution des sollicitations, l’immobilisation partielle ou la réduction de l’activité entraînent rapidement une perte de force, d’endurance et de coordination.
Lorsque la rééducation débute ou s’intensifie, le corps doit fournir davantage d’efforts pour réaliser des gestes qui étaient auparavant automatiques. Le coût énergétique du mouvement augmente, ce qui explique qu’une fatigue apparaisse même lors d’efforts modestes.
Le rôle du contrôle moteur dans la fatigue
Après un traumatisme, les mouvements sont souvent moins fluides. Le système nerveux intervient davantage pour sécuriser le geste, ce qui augmente la charge de contrôle.
Un mouvement simple demande plus d’attention, plus de précision et parfois plus de contractions compensatoires. Cette mobilisation accrue du contrôle moteur rend l’effort plus coûteux et favorise une fatigue plus rapide, sans que cela traduise une fragilité des tissus.
Plusieurs mécanismes expliquent cette fatigue accrue :
- augmentation du coût énergétique des gestes,
- contrôle volontaire plus important du mouvement,
- coordination encore incomplète,
- endurance fonctionnelle diminuée.
Une fatigue liée aussi à la récupération biologique
Même lorsque la phase aiguë est passée, les tissus continuent à se réparer et à s’adapter aux contraintes. Cette adaptation biologique consomme de l’énergie.
La fatigue peut donc être présente en dehors des séances de rééducation. Elle reflète un organisme encore en phase de reconstruction, et non un ralentissement anormal de la récupération.
L’importance du dosage de la charge
La manière dont la charge est gérée joue un rôle central. Une augmentation trop rapide des sollicitations peut dépasser temporairement la capacité d’adaptation du corps, entraînant une fatigue excessive et persistante.
À l’inverse, une stimulation trop faible peut entretenir une fatigue de fond liée à une capacité fonctionnelle insuffisante. L’enjeu est donc d’ajuster la progression en fonction des réactions du corps pendant l’effort, mais aussi dans les heures et les jours qui suivent.
Des signes utiles pour ajuster la progression :
- récupération plus lente après l’effort,
- baisse de précision des mouvements,
- fatigue marquée en fin de journée,
- tolérance moindre aux répétitions.
Gérer la fatigue pendant la rééducation consiste donc à reconnaître qu’elle fait partie du processus, tout en veillant à ce qu’elle reste compatible avec l’adaptation du corps.
La fatigue doit être observée, comprise et utilisée comme un indicateur d’ajustement, et non combattue ou ignorée. Lorsqu’elle diminue progressivement et que la tolérance aux activités s’améliore, la récupération évolue favorablement.
Ai-je bien compris?
La fatigue est fréquente pendant la rééducation après un traumatisme et fait partie du processus de récupération. Elle s’explique par la perte de condition physique, le contrôle moteur accru et la réparation tissulaire en cours. Les mouvements deviennent plus coûteux et demandent plus d’énergie. Une gestion progressive de la charge permet d’éviter une fatigue excessive. La rééducation vise à améliorer l’efficacité du geste et l’endurance fonctionnelle. L’évolution dans le temps est le meilleur indicateur.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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