Une douleur d’origine nerveuse ne se résume pas à une atteinte mécanique isolée d’un nerf. Elle correspond le plus souvent à une modification de la manière dont le système nerveux traite certaines sollicitations. Dans ce contexte, la rééducation ne cherche pas à « réparer » un nerf directement, mais à agir sur les mécanismes qui entretiennent la sensibilité douloureuse et limitent la tolérance au mouvement.
Restaurer progressivement la tolérance au mouvement
Lorsqu’une douleur nerveuse est présente, des gestes ordinaires peuvent devenir douloureux alors qu’ils étaient auparavant bien tolérés. La rééducation s’appuie sur une exposition progressive et contrôlée aux mouvements et aux positions du quotidien. Cette progression respecte les capacités d’adaptation du corps et vise à élargir peu à peu le champ des mouvements supportés.
Cette approche repose notamment sur :
- une reprise graduée des gestes douloureux,
- un dosage précis des amplitudes et des efforts,
- une attention portée aux réactions après l’activité,
- un ajustement progressif en fonction de l’évolution des symptômes.
L’objectif n’est pas de provoquer la douleur, mais de permettre au système nerveux de mieux tolérer des sollicitations auparavant perçues comme menaçantes.
Mobilité, charge et organisation du mouvement
Une douleur nerveuse s’accompagne fréquemment de limitations de mouvement liées à des stratégies de protection ou d’évitement. Ces adaptations peuvent modifier la répartition des contraintes et entretenir la douleur. Restaurer une mobilité fonctionnelle permet de répartir plus efficacement les tensions et de limiter les sursollicitations locales.
La rééducation agit également sur la gestion des charges dans la vie quotidienne.
Certaines situations favorisent l’accumulation de contraintes mal tolérées :
- positions prolongées,
- gestes répétitifs,
- enchaînement d’efforts sans récupération suffisante,
- mouvements réalisés avec une organisation peu efficace.
Identifier ces facteurs et les ajuster progressivement permet de réduire les pics de contrainte qui entretiennent la douleur.
Modulation de la douleur et réponses de protection
Le système nerveux ne transmet pas passivement la douleur : il la module en permanence. Des mouvements adaptés, réalisés dans un cadre sécurisant, peuvent influencer cette modulation et réduire l’intensité perçue des symptômes, sans chercher à les supprimer immédiatement.
Par ailleurs, face à la douleur, le corps peut développer des réponses de protection excessives, comme une rigidité ou un évitement prolongé. La rééducation vise à normaliser ces réponses en réintroduisant des mouvements variés et contrôlés, soutenus par un meilleur contrôle neuromoteur et une proprioception plus efficace. Cette évolution contribue à une gestuelle plus fluide et plus confiante.
Comprendre l’évolution pour mieux s’engager
L’évolution d’une douleur d’origine nerveuse est rarement linéaire. Des fluctuations peuvent apparaître au cours de la rééducation sans que cela traduise une aggravation. Les progrès se mesurent surtout par une meilleure capacité à bouger, à tolérer davantage d’activités et à récupérer plus rapidement après un effort.
Comprendre ces mécanismes fait partie intégrante de la prise en charge. Cette compréhension aide à réduire l’inquiétude et favorise un engagement plus serein dans la rééducation.
Ai-je bien compris?
La rééducation agit sur une douleur d’origine nerveuse en améliorant progressivement la tolérance au mouvement et aux contraintes du quotidien. Elle aide à restaurer une mobilité fonctionnelle et à mieux gérer les charges. Des mouvements adaptés peuvent influencer la modulation de la douleur et réduire les réponses de protection excessives. L’évolution peut être fluctuante sans être inquiétante. L’objectif principal est une fonction plus stable et une meilleure autonomie.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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