Lorsqu’une hernie discale est douloureuse, il est fréquent de remarquer que certaines positions apportent un soulagement rapide, alors que d’autres augmentent la gêne presque immédiatement. Cette variabilité peut donner l’impression que le dos est instable ou imprévisible. En réalité, ces changements de douleur sont cohérents avec le fonctionnement du dos et la manière dont il tolère les contraintes à un moment donné.
Chaque posture modifie la répartition des charges au niveau de la colonne. Selon la position adoptée, certaines structures sont davantage sollicitées tandis que d’autres sont temporairement soulagées. Lorsque la charge est mieux répartie ou moins irritante pour la zone sensible, la douleur diminue. À l’inverse, une posture qui concentre les contraintes sur un segment déjà réactif peut réveiller les symptômes.
Le soulagement dépend de la répartition des contraintes
Le fait qu’une position soulage ne signifie pas que le disque « se remet en place ». Le disque ne se déplace pas librement à chaque changement de posture. Le soulagement correspond plutôt à une diminution de la stimulation douloureuse et à une meilleure tolérance momentanée des tissus.
Certaines positions modifient favorablement :
- la pression exercée sur le segment sensible,
- la tension des muscles autour de la zone douloureuse,
- la façon dont les mouvements sont contrôlés,
- la perception de sécurité associée à la posture.
Ces éléments expliquent pourquoi une position peut être confortable quelques minutes ou quelques heures, sans pour autant régler durablement le problème.
Le rôle des muscles et du système nerveux
Les muscles participent activement à ces variations. Une posture qui permet un relâchement musculaire réduit la tension autour du segment douloureux et améliore le confort. À l’inverse, une position qui sollicite excessivement des muscles déjà fatigués ou sensibles peut augmenter la douleur.
Le système nerveux joue également un rôle central. Certaines positions sont perçues comme rassurantes, ce qui diminue la vigilance corporelle et la tension globale. D’autres sont associées à une appréhension, même inconsciente, ce qui modifie le contrôle neuromoteur et la proprioception. Le mouvement devient alors moins fluide, plus coûteux, et la douleur peut s’intensifier sans que la situation anatomique ait changé.
Il est tentant de chercher une posture idéale et de s’y maintenir durablement. Pourtant, rester longtemps dans une position, même confortable, peut réduire la tolérance à la charge et favoriser la raideur. Les positions qui soulagent sont utiles comme appuis temporaires, mais elles ne doivent pas devenir une stratégie exclusive.
Dans la rééducation, ces positions servent souvent de point de départ. Elles permettent de bouger dans un cadre plus confortable, puis d’élargir progressivement les amplitudes et les situations. Avec le temps, la tolérance aux positions évolue, signe que le dos s’adapte.
En pratique, certaines positions soulagent une hernie discale parce qu’elles réduisent temporairement les contraintes et la sensibilité, sans corriger la hernie elle-même.
Ai-je bien compris?
Certaines positions soulagent une hernie discale car elles modifient la répartition des contraintes sur le dos. Le soulagement ne signifie pas que le disque se remet en place. Les muscles et le système nerveux influencent fortement ces variations. Une position rassurante réduit la tension et la douleur. Rester immobile trop longtemps n’est pas idéal. Les positions antalgiques servent de repère pour réintroduire progressivement le mouvement.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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